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Une écrasante majorité d'électeurs se serait prononcée en faveur du "oui" au référendum organisé à Santa Cruz sur le statut d'autonomie du plus vaste département bolivien, selon des sondages à la sortie des urnes rendus publics par deux chaînes de télévision locales favorables à l'autonomie. Cette information a cependant été démentie par le président Evo Morales qui a qualifié le référendum d'échec.
Le "oui" aurait remporté 85% des suffrages, selon la chaîne Unitel, contre 15% pour le "non". Selon la chaîne PAT, le "oui" se serait imposé avec 85,1% des voix contre 14,9% pour le "non".
A l'annonce de ces résultats officieux, des partisans de l'autonomie sont descendus dans les rues avec des drapeaux de la région pour célébrer la victoire.
La Cour électorale de Santa Cruz n'avait pas annoncé de résultats officiels dans l'immédiat. La Cour nationale électorale avait quant à elle prévenu par avance qu'elle ne validerait pas les résultats de la consultation convoquée hors du cadre légal.
Le président Morales a déclaré dimanche que le référendum autonomiste de Santa Cruz avait échoué et qu'il avait divisé la région entre partisans du "oui" et partisans du "non".
Lors d'un bref message à la nation en fin de journée dimanche, Evo Morales a salué "la rébellion" des secteurs qui ont résisté à "un statut illégal et anticonstitutionnel".
Citant des organes de presse, le président a affirmé que l'abstentionnisme, les bulletins nuls et blancs représentent "près de 50%" du total. Pour être adopté, le statut d'autonomie doit recueillir la moitié des suffrages plus un.
Un peu plus de 935.000 électeurs étaient appelés aux urnes dimanche dans la province de Santa Cruz au cours d'une journée marquée des violences sporadiques.
Des bandes rivales se sont affrontées à coups de bâton et de pierres en certains endroits du département de Santa Cruz, mais les autorités électorales ont affirmé que le scrutin s'était déroulé normalement dans 91% des bureaux de vote.
Des témoignages recoupés par l'Associated Press avec des sources officielles et médicales ont fait état de 25 blessés, la plupart à Montero, ville voisine de Santa Cruz.
Un homme âgé de 70 ans aurait été tué lorsque la police a usé de gaz lacrymogène pour disperser des échauffourées entre partisans du "oui" et du "non", a affirmé sa famille. L'information ne pouvait être confirmée de manière indépendante pour l'heure.
Des manifestations ont également été enregistrées à La Paz, Cochabamba, Oruro et Potosi. A Sucre, une marche a été organisée en faveur du statut d'autonomie.
Avec l'autonomie, les habitants de Santa Cruz espèrent garder une part plus importante des recettes du gaz naturel de l'Etat et protéger leurs grands ranches et plantations des projets de redistribution des terres et des richesses du président.
Plusieurs sondages ont révélé cette semaine que près de 70% des habitants de Santa Cruz, ville de 1,4 million d'habitants, sont favorables au statut d'autonomie, même si dans d'autres parties de la province, les indigènes et les paysans loyaux à Morales s'y opposent plutôt.
Le président de la Cour électorale du département de Santé Cruz, Mario Orlando Parara, a affirmé que 91% des bureaux de vote ont fonctionné normalement et que la violence est restée "focalisée".
"C'est une révolution pacifique", a affirmé dimanche le gouverneur de la province Ruben Costas qui a qualifiés les incidents d'"isolés". "Une nouvelle Bolivie va naître de notre décision", a-t-il ajouté, alors qu'une atmosphère de victoire régnait dans la province, où flottaient de nombreux drapeaux aux couleurs vert et blanc de la région.
Dans la localité rurale de San Julian, bastion du président Evo Morales, des paysans et des villageois ont cependant empêché le bon déroulement du scrutin en brûlant les urnes et les bulletins et en barrant la rue principale.
La région de Santa Cruz, située dans l'est de la Bolivie, représente 30% du PIB du pays. C'est la plus vaste province bolivienne et elle a pris la tête de la fronde autonomiste, suivies par trois autres régions (Beni, Pando et Tarija) qui organiseront des référendums similaires en juin. Ces velléités autonomistes ont accentué la polarisation du pays et menacent d'aggraver les tensions politiques qui existent déjà. AP
jp/v414/ca/v0158
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