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La Birmanie a annoncé mardi que le cyclone Nargis qui a dévasté le pays le week-end dernier a tué quelque 10.000 personnes, ce qui laisse craindre que le bilan total ne soit considérablement revu à la hausse alors que la communauté internationale se prépare à acheminer de l'aide.
Un premier appareil militaire est attendu à Rangoon avec à son bord de l'aide en provenance de Thaïlande tandis que plusieurs autres pays et des organisations humanitaires s'apprêtent à suivre le mouvement.
Le ministre des Affaires étrangères Nyan Win a précisé que plus de 10.000 personnes avaient péri dans le delta d'Irrawaddy, dans le sud du pays après le passage du cyclone Nargis qui s'est abattu sur la Birmanie samedi matin avec des vents soufflant à plus de 195km/h. "Les informations et les données sont encore en cours de collecte, c'est pourquoi il pourrait y avoir de très nombreuses victimes", a dit le ministre.
Un peu plus tôt, la télévision d'Etat avait rapporté que 10.000 personnes étaient mortes ce week-end dans la seule ville de Bogalay.
La junte militaire au pouvoir en Birmanie a dû se résoudre à réclamer une aide d'urgence de la communauté internationale pour faire face aux conséquences de la catastrophe.
a fait près de 4.000 morts, mais le gouvernement birman redoute que le bilan définitif ne dépasse les 10.000 morts. Près de 3.000 personnes sont toujours portées disparues. Des centaines de milliers d'autres sont sans abri.
Le cyclone a laissé des centaines de milliers de personnes sans abri et privées d'eau potable, a précisé Richard Horsey, un porte-parole à Bangkok du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires.
Cet appel survient à une semaine seulement d'un référendum crucial sur le projet de Constitution proposé par la junte visant à assurer à cette dernière une transition en douceur, en dépit de l'opposition du mouvement pro-démocratie. Les observateurs estiment que cette catastrophe va venir exacerber encore davantage les tensions politiques.
Le ministre birman chargé des Secours, le général Maung Maung Swe, a déclaré qu'une réunion avec des diplomates sur la question du référendum prévue samedi pourrait être retardée de "quelques jours" dans les régions les plus touchées par le cyclone, mais selon un média officiel, la date du 10 mai est toujours maintenue.
A Washington, l'épouse de président américain, Laura Bush, a déclaré lundi que les Etats-Unis étaient prêts à débloquer davantage de moyens pour aider la Birmanie à se remettre du cyclone dévastateur dont le bilan pourrait s'élever à 10.000 morts. Mais elle a fixé une condition: qu'une équipe américaine d'experts en catastrophes naturelles soient autorisée à se rendre en Birmanie.
La première dame des Etats-Unis a vivement critiqué la junte militaire birmane, lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche. Elle a reproché à la junte au pouvoir l'organisation d'un référendum constitutionnel le 10 mai qu'elle a qualifié de simulacre. Elle a également accusé les responsables du gouvernement birman de ne pas avoir alerté les habitants de l'arrivée de la tempête. "Nous savons déjà qu'il sont tout à fait incompétents", a-t-elle dit.
A New York, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a annoncé avoir mobilisé le service onusien d'évaluation, de coordination et de réponse aux catastrophes naturelles. "En raison du manque de communications et d'information, nous ne sommes pas certains de l'étendue exacte des dégâts et victimes", a-t-il dit.
A Paris, le ministère français des Affaires étrangères a annoncé lundi soir dans un communiqué l'octroi d'une "première aide d'urgence de 200.000 euros". La France met "en place les moyens de venir en aide à la population birmane et de répondre aux demandes exprimées par les autorités de ce pays". Cette aide "sera acheminée en liaison avec la Croix Rouge ainsi qu'avec les ONG françaises présentes sur place, Médecins du monde et Action contre la faim", selon le communiqué. AP
ma/v140
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