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Le bilan du cyclone Nargis qui a frappé samedi dernier la Birmanie s'est encore alourdi mardi, le régime faisant désormais état de plus de 22.000 morts et 41.000 personnes portées disparues.
La radio d'Etat a annoncé mardi que le décès de 22.464 personnes avait été confirmé et que 41.054 restaient portées disparues après le cyclone qui a balayé les régions de Rangoon et du delta de l'Irrawady.
Rangoon, la plus grande ville du pays, a été privée d'électricité excepté dans les zones disposant de générateurs alimentés en carburant.
Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), qui se préparait à acheminer des vivres par avion, jusqu'à un million de personnes pourraient être sans-abri, certains villages seraient quasiment totalement rayés de la carte et les vastes zones de rizières seraient anéanties. "Le défi sera d'atteindre les zones affectées" dans la mesure où "les routes sont bloquées partout", a déclaré Paul Risley, porte-parole du PAM à Bangkok.
Au vu d'une carte satellite diffusée par les Nations unies, les dégâts provoqués par Nargis sont concentrés sur un secteur de plus de 30.000 kilomètres carrés le long de la mer d'Andaman et du golfe de Martaban, soit moins de 5% du pays. Mais la région sinistrée abrite près d'un quart des 57 millions d'habitants de la Birmanie.
La télévision d'Etat a diffusé des images montrant de grands arbres et des poteaux électriques en travers de routes ainsi que des maisons sans toit encerclées par les eaux dans le delta, considéré comme le "bol de riz" de la Birmanie.
La junte a finalement reporté mardi de quinze jours le référendum constitutionnel dans les zones les plus touchées. D'après la radio gouvernementale, le vote prévu samedi sera reporté au 24 mai dans 40 des 45 municipalités de la région de Rangoon et dans sept du delta de l'Irrawaddy, secteur le plus fortement touché samedi par le passage du cyclone. La radio a en revanche indiqué que la consultation se déroulerait comme prévu dans les autres région.
Fait inhabituel pour une junte contrôlant étroitement les activités des organisations internationales dans le pays, le gouvernement avait appelé à une aide étrangère lundi à Rangoon. Les autorités souhaitent notamment recevoir des matériaux pour les toitures, des médicaments, des moustiquaires et des comprimés de purification d'eau.
Un avion de transport militaire s'est envolé de Bangkok à destination de Rangoon mardi avec une aide d'urgence de la Thaïlande tandis que plusieurs pays et organisations ont précisé qu'ils se préparaient à acheminer une assistance. A Paris, le ministère français des Affaires étrangères a annoncé lundi l'octroi d'une "première aide d'urgence de 200.000 euros" et la mise en place de moyens pour répondre aux demandes des autorités. Mais le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a regretté mardi que le régime refuse une aide directe et veuille distribuer lui-même l'aide.
Du Canada à la République tchèque et Singapour, d'autres pays ont également promis de l'aide. La Commission européenne a annoncé deux millions d'euros d'aide humanitaire, tandis que la Chine s'est engagée à fournir 646.000 euros en argent liquide et en équipements de secours.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a annoncé la mobilisation d'une équipe d'évaluation, de coordination et de réponse aux catastrophes naturelles.
A Rangoon, Thin Thin, propriétaire d'une épicerie, a accusé le gouvernement d'avoir "trompé les gens". "Ils auraient pu nous avertir de la gravité du cyclone afin que nous nous préparions mieux", reprochait-il. AP
cr/v/sb
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