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actu & culture


MOSCOU - mercredi 07 mai 2008 à 16h42

Dimitri Medvedev investi à la présidence russe


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Le Kremlin change de maître. Troisième président russe depuis l'éclatement de l'Union soviétique, Dimitri Medvedev a été investi dans ses fonctions mercredi, succédant à Vladimir Poutine, qui après huit ans de pouvoir va continuer à jouer les premiers rôles en héritant d'un poste de Premier ministre aux compétences élargies.

Dimitri Medvedev a prêté serment lors d'une cérémonie au Kremlin, promettant de renforcer les droits civils et de favoriser le développement économique du pays. Devant un auditoire de dignitaires russes et d'ambassadeurs étrangers, il a affirmé que "le développement de la liberté civile et économique" serait sa tâche la plus importante.

Environ deux heures après son investiture, il a nommé au poste de Premier ministre, comme cela était attendu, son mentor et protecteur Vladimir Poutine. Certains observateurs voient davantage en Dimitri Medvedev un serviteur dévoué du président sortant, dont il a promis de poursuivre les politiques, qu'un leader indépendant.

Reste que durant son discours d'investiture, qui a duré six minutes, il a fait référence aux droits civils plusieurs fois, signe d'un possible changement de cap sous sa présidence, au moins sur ce point. "Les droits de l'homme et les libertés (...) sont jugés de la plus haute importance pour notre société et ils déterminent le sens et le contenu de toute l'activité de l'Etat", a-t-il déclaré.

Sous l'ère Poutine, la Russie a connu un fort développement économique, favorisant l'émergence d'une nouvelle classe moyenne. Mais la démocratie et les libertés ont reculé dans le pays, selon nombre d'observateurs. La plupart des principaux membres de l'opposition ont ainsi été empêchés de se présenter à l'élection présidentielle du 2 mars, remportée par M. Medvedev, le candidat du Kremlin, avec plus de 70% des voix.

Plus jeune dirigeant de la Russie depuis près d'un siècle, M. Medvedev, 42 ans, qui a été premier vice-Premier ministre et président du géant du gaz Gazprom, contrôlé par l'Etat, a également promis lors de sa brève allocution de lutter contre la corruption.

"Je vais accorder une attention spéciale au rôle fondamental de la loi. Nous devons parvenir à un véritable respect de la loi, surmonter le nihilisme juridique qui entrave le développement moderne", a-t-il déclaré. Il a également promis de chercher à rendre la vie plus "confortable, confiante et sûre" pour ses concitoyens, de moderniser l'industrie et l'agriculture, et d'encourager le développement des nouvelles technologies.

La récente prospérité russe repose sur quelques piliers seulement: pétrole, gaz, métal et bois. Des secteurs qui pourraient être affectés, si comme certains le prévoient, le ralentissement économique mondial s'aggrave. La Russie pourrait en souffrir si elle ne diversifie pas son économie.

Vladimir Poutine a prononcé un bref discours dans la même salle du Kremlin au côté de M. Medvedev, affirmant avoir respecté son engagement pris lorsqu'il a remplacé Boris Eltsine à la présidence en 2000 à "travailler ouvertement et honnêtement pour servir fidèlement le peuple et l'Etat". Sa nomination au poste de Premier ministre doit être approuvée jeudi par le Parlement, ce qui ne devrait être qu'une simple formalité.

Son arrivée à un poste de Premier ministre aux pouvoirs élargis soulève des questions sur la répartition des rôles entre les deux têtes de l'exécutif. M. Medvedev a évoqué indirectement le sujet dans son discours, remerciant Vladimir Poutine pour son soutien, et ajoutant: "Je suis sûr qu'il en sera ainsi dans la période à venir." AP

lma/v302/tl




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