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actu & culture


NATIONS UNIES - jeudi 08 mai 2008 à 04h14

Birmanie: le Conseil de sécurité de l'ONU dénie "la responsabilité de protéger" les civils, réclamée par Paris



La proposition de la France d'utiliser une clause sur la "responsabilité de protéger" les populations civiles pour faire adopter par l'ONU une résolution autorisant le passage de l'aide en Birmanie a été refusée pour des raisons "politiques et de procédure", a indiqué l'ambassadeur français aux Nations unies mercredi.

"Nous pensons qu'il est temps pour l'ONU d'intervenir", a déclaré Jean-Maurice Ripert. "Si nous ne faisons rien, les gens vont continuer à mourir, les épidémies s'étendront et cela tournera à la catastrophe".

Selon des diplomates assistant au Conseil, huit des 15 pays membres - la Chine, la Russie, l'Afrique du Sud, l'Indonésie, le Vietnam, le Costa Rica, la Libye et le Panama - se sont prononcés contre l'implication de l'institution de l'ONU, chargée de maintenir la paix et la sécurité, dans la gestion d'une catastrophe.

Le ministre des Affaires étrangères français Bernard Kouchner avait expliqué mercredi que la France réfléchissait à utiliser cette clause adoptée en 2005 aux Nations unies "pour qu'il y ait une résolution (...) autorisant le passage" de l'aide en Birmanie malgré les réticences de la junte birmane. Interrogé plus tard sur France 2, M. Kouchner avait fait part du rejet de la proposition par le Conseil de sécurité. "Ne désespérons pas. Mais là, pour le moment, c'est bloqué".

John Holmes, secrétaire général aux Affaires humanitaires, a pour sa part douté qu'"envahir" la Birmanie ou prendre "la voie de la confrontation" soit raisonnable ou puisse aider les victimes du cyclone. "Est-ce que cela aiderait plus rapidement les gens qui souffrent vraiment sur place? Personnellement, j'en doute", a-t-il dit.

La suggestion française avait l'appui des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne.

Jean-Maurice Ripert a indiqué que la France interpellerait de nouveau le Conseil sur le sujet jeudi, et porterait son cas devant l'Assemblée générale ou le Conseil social si nécessaire.

Le dernier bilan officiel après le passage du cyclone Nargis faisait état de 22.980 morts et 42.119 disparus, principalement dans le delta de l'Irrawaddy (sud).

Mais la diplomate américaine Shari Villarosa a estimé mercredi depuis Rangoon que le bilan du cyclone et ses conséquences pourrait atteindre les 100.000 morts avec l'aggravation des conditions sanitaires. Selon ses estimations, 95% des bâtiments dans les zones touchées sont détruits et les ponts inondés. Elle a jugé que la situation en dehors de l'ancienne capitale est "de plus en plus horrible", évoquant le manque d'eau potable et de nourriture signalé par les organisations humanitaires. AP

pf/v