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actu & culture


BEYROUTH - jeudi 08 mai 2008 à 20h27

Liban: Saad Hariri appelle le Hezbollah à trouver un compromis pour faire cesser les heurts à Beyrouth



Le chef de la majorité parlementaire libanaise anti-syrienne Saad Hariri a appelé jeudi le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah à travailler avec lui pour mettre fin aux affrontements qui ont éclaté à Beyrouth entre factions rivales et proposé un compromis pour régler l'origine des heurts.

Dans une intervention télévisée, le responsable sunnite a exhorté toutes les parties à "retirer leurs combattants des rues (...) pour sauver le Liban de l'enfer". Il a également proposé un compromis sur la décision gouvernementale à l'origine des heurts.

Saad Hariri, fils de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, assassiné il y a trois ans dans un attentat, a également proposé un compromis sur la décision du gouvernement à l'origine des heurts.

Auparavant, Hassan Nasrallah avait qualifié de "déclaration de guerre" la décision du gouvernement de déclarer illégal le réseau de télécommunication militaire parallèle du groupe chiite. "Cette décision équivaut à une déclaration de guerre (...) à la résistance", a déclaré Hassan Nasrallah lors d'une conférence de presse diffusée en direct à la télévision.

Jeudi soir, Saad Hariri a proposé que la décision soit laissée au commandement militaire. Il a également appelé une élection immédiate du président du Liban pour qu'un dialogue national puisse s'engager entre les factions libanaises.

Saad Hariri a exhorté Hassan Nasrallah à lever le "siège" de Beyrouth, retirer ses militants des rues et rouvrir les routes, dont celles menant à l'aéroport de la capitale, bloqué par les partisans du mouvement chiite pro-syrien depuis deux jours. Il a estimé que les actions du Hezbollah à Beyrouth sont "un crime qui doit cesser immédiatement".

Un peu plus tôt, Hassan Nasrallah avait prévenu qu'il "trancherait" les mains de ceux qui veulent tenter de désarmer le groupe, assurant qu'il ne voulait pas provoquer d'affrontements entre sunnites et chiites.

Saad Hariri a appelé le chef du Hezbollah à travailler avec lui pour mettre fin aux affrontements. "Je vous appelle à cesser le langage des armes (...) nous sommes responsables de l'unité des musulmans et du Liban", a-t-il ajouté. "Si elles étaient en danger, alors éteignons les les flammes".

On ignorait si le Hezbollah accepterait l'offre de compromis laissant à l'armée le soin de régler la question de son réseau de télécommunications, même si le groupe a de bonnes relations avec le commandement militaire.

Mardi, le gouvernement de Fouad Siniora avait déclaré le réseau de télécommunication militaire du Hezbollah illégal, jugeant qu'il menaçait la sécurité de l'Etat. Il avait également annoncé le limogeage du chef de la sécurité du seul aéroport international du pays, celui de Beyrouth, en raison de ses liens avec le Hezbollah.

Ces décisions conjuguées à l'appel à la grève des syndicats pour protester contre les réformes économiques du gouvernement et obtenir des hausses de salaire ont entraîné des manifestations, qui ont rapidement dégénéré en bataille de rue entre les sympathisants du Hezbollah pro-syrien et ceux du gouvernement anti-syrien soutenu par les pays occidentaux. AP

sb/v