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Au moins deux personnes ont été tuées et six autres blessées samedi dans une fusillade visant un cortège funèbre dans un quartier sunnite de l'ouest de Beyrouth, un jour après que le Hezbollah chiite se soit emparé de la quasi-totalité du secteur ouest de la capitale libanaise.
Signe de la tension extrême entre communautés qui règne dans ce secteur à majorité musulmane de la ville, la fusillade a éclaté dans le quartier de Tarik Jdidé alors qu'environ 200 personnes se dirigeaient vers un cimetière pour enterrer un homme de 24 ans tué ces derniers jours dans les affrontements entre militants pro-gouvernementaux et pro-Hezbollah, a constaté un photographe de l'agence Associated Press.
Le journaliste de l'AP a été pris à partie par des participants aux funérailles qui l'ont frappé et lui ont pris ses appareils. La police a affirmé avoir arrêté l'auteur de la fusillade: selon les témoins, il s'agit d'un commerçant chiite, qui a sorti son arme lorsque les participants au cortège funèbre sont passés devant sa boutique en scandant des insultes à l'adresse des chefs du Hezbollah.
Après la fusillade, la foule en colère a investi sa boutique, y mettant le feu, avant de s'en prendre à un autre magasin, qu'ils ont caillassé.
Tarik Jdidé est un bastion des partisans sunnites du chef de la majorité Saad Hariri, dirigeant du Courant du Futur. Dans les affrontements qui ont débuté mercredi, les miliciens chiites -Hezbollah et Amal- ne s'en sont pas pris à ce quartier, où l'armée libanaise s'est déployée en force pour prévenir tout assaut.
Dans la nuit, les violences, qui se sont transportées à l'extérieur de la capitale, avaient fait à nouveau huit morts, selon des responsables libanais de la sécurité. Ce qui, avec les victimes de la fusillade de samedi, porte à 25 le nombre de morts depuis le début de la crise.
Mais à Beyrouth, la nuit avait cependant été la plus calme depuis que les violences ont débuté, et quelque passants s'aventuraient samedi dans les rues quadrillées par des soldats libanais et des miliciens chiites, évaluant les dégâts, cherchant à stocker des vivres et à nettoyer les rues des carcasses de voitures et autres dommages.
Les chefs des factions libanaises devaient se rencontrer samedi pour tenter de trouver un accord politique, tandis que la Ligue arabe organise une réunion d'urgence dimanche au Caire pour discuter de la situation au Pays du Cèdre.
Dans la nuit de vendredi à samedi, huit personnes ont été tuées dans les affrontements entre militants du Hezbollah et fidèles du leader druze anti-syrien Walid Joumblatt dans la ville de montagne d'Aley, à l'est de Beyrouth, d'après ces sources, et un civil est mort à Saïda (sud).
Le Hezbollah chiite pro-syrien et ses alliés dans l'opposition ont réussi à s'emparer d'une bonne partie de l'ouest de Beyrouth, à majorité musulman, en en chassant les sunnites et druzes favorables au gouvernement de Fouad Siniora soutenu par les pays occidentaux.
Le coup de force des mouvements chiites semble marquer un tournant dans la crise politique que traverse le Liban depuis le départ en novembre 2007 du président pro-syrien Emile Lahoud, qui n'a toujours pas été remplacé, faute d'accord entre la majorité et les partis fidèles à Damas. AP
st-nc/v
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