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George W. Bush revient au Proche-Orient à partir de mardi pour tenter d'obtenir un accord de paix israélo-palestinien avant de quitter la Maison Blanche en janvier. Mais les négociations n'ont guère avancé depuis que le président américain les a relancées en novembre 2007 et les espoirs alors soulevés sont largement retombés.
Si les rencontres quasi quotidiennes entre les négociateurs israéliens et palestiniens constituent les premières discussions substantielles depuis plus de sept ans, elles se déroulent dans un contexte difficile, même sans prendre en compte l'explosion de violence au Liban voisin.
Les Palestiniens considèrent comme autant de provocations les projets israéliens de construction à Jérusalem et en Cisjordanie, et les Israéliens critiquent les services de sécurité palestiniens, ce qui fournit des arguments aux "faucons" opposés à la paix dans les deux camps.
En outre, les dirigeants sont fragilisés. Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert est mis en cause dans de nouvelles affaires politiques qui pourraient le forcer à la démission, et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ne contrôle plus que la Cisjordanie depuis que le Hamas s'est emparé de la Bande de Gaza en juin 2007. L'objectif de parvenir à un accord de paix définitif pour la fin de l'année, accepté par les deux hommes lors de la conférence d'Annapolis aux Etats-Unis en novembre, paraît donc de moins en moins réaliste.
La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice s'est d'ailleurs montrée prudente sur les chances de succès lors de sa visite dans la région il y a plus d'une semaine. Elle a souligné que Washington, qui ne s'était jamais autant impliqué dans le dossier depuis l'arrivée de M. Bush à la Maison Blanche en 2001, n'intervenait qu'en tant que médiateur et non architecte de la paix. Elle n'a présenté aucune proposition spécifique, mais plusieurs pistes se dessinent.
L'une d'elles consisterait pour les négociateurs à élaborer une déclaration d'étape décrivant les progrès réalisés dans les discussions et fournissant, dans l'idéal, des précisions sur les frontières du futur Etat palestinien. Mme Rice a laissé entendre que cette question pourrait se révéler relativement simple à régler si chaque partie renonce à certaines de ses revendications territoriales.
George Bush et Ehoud Olmert devraient évoquer cet objectif de tracé d'un Etat palestinien dans un discours public. Le président américain rencontrera Mahmoud Abbas en Egypte à la fin de son voyage, mais aucun rendez-vous tripartite n'est inscrit à son programme officiel, ce qui suggère qu'ils n'escomptent pas une percée immédiate.
De toute façon, il pourrait être mal vu pour M. Olmert de se rendre dans un Etat arabe en plein 60e anniversaire de la création d'Israël, tout comme l'image de M. Abbas pourrait souffrir d'un déplacement dans l'Etat hébreu 60 ans après ce que les Palestiniens qualifient de "Catastrophe". Ils commémorent la "Naqba" le 15 mai, le jour où le président Bush s'exprimera au Parlement israélien, la Knesset.
George Bush ne dispose plus que de quelques mois pour régler l'un des conflits les plus complexes de la planète. Mais même s'il obtenait un accord de paix israélo-palestinien, sa mise en oeuvre serait limitée, voire impossible, tant que le Hamas dirige la Bande de Gaza et que ses miliciens tirent des roquettes sur Israël. Un haut responsable du renseignement égyptien essayait lundi d'arracher une trêve de six mois pour la Bande de Gaza. AP
st/v/cr
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