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actu & culture


RANGOON - lundi 12 mai 2008 à 20h23

Cyclone Nargis: l'ONU exhorte la Birmanie à accepter l'aide humanitaire


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Les Nations unies ont une nouvelle fois exhorté lundi la junte birmane à ouvrir ses portes aux experts étrangers et à l'aide humanitaire internationale pour les deux millions de victimes du cyclone Nargis, menacées par la faim et les maladies. Alors que le dernier bilan officiel est passé à près de 32.000 morts et 30.000 disparus, les Etats-Unis ont pu mettre en place leur premier pont aérien.

Le C-130 américain, rempli de 14 tonnes de vivres parti de la base militaire d'Utapao en Thaïlande, a atterri à Rangoon lundi. Deux autres appareils devraient se poser en Birmanie mardi. Plusieurs membres du gouvernement, des officiers birmans et le plus haut représentant des Etats-Unis en Birmanie, la chargée d'affaires Shari Villarosa, étaient présents à l'arrivée de l'avion-cargo.

Le porte-parole du gouvernement Ye Htut a déclaré que l'aide, qui a été transférée par des camions de l'armée, serait acheminée par des hélicoptères de l'armée de l'air dans la région du delta de l'Irrawaddy lundi en fin de journée.

Dans le même temps, la Maison Blanche a déclaré que les Etats-Unis s'apprêtaient à fournir une aide alimentaire et logistique supplémentaire de 13 millions de dollars (8,43 millions d'euros) au Programme alimentaire mondial (PAM) en faveur des victimes du cyclone, ce qui portera l'ensemble de l'assistance américaine à 16,25 millions de dollars (10,53 millions d'euros).

Deux avions, celui de Médecins sans Frontières et celui de Médecins du monde transportant au total 56 tonnes de matériel médical et logistique, se sont par ailleurs posés à Rangoon.

Le ministre français de la Défense Hervé Morin a ordonné lundi que le Mistral, bâtiment de la Marine nationale, "se tienne prêt à acheminer l'aide humanitaire indispensable au secours de la population birmane touchée par le cyclone Nargis". "Le Mistral conduira des opérations de chargement de fret humanitaire dans les prochains jours dans le port de Chennaï (ex-Madras, Inde), et appareillera pour les côtes birmanes à l'issue de ces opérations".

"Les modalités de délivrance de l'aide humanitaire sont toujours en cours de définition en liaison avec les autorités birmanes et les organisations humanitaires", souligne le ministère dans un communiqué que l'aide se compose de produits de première nécessité destinés à la survie d'environ 60.000 personnes pendant deux semaines.

Selon le dernier bilan officiel du cyclone qui a frappé la Birmanie le 3 mai, le nombre de morts s'établit à 31.938, soit 3.480 de plus que dimanche. Le nombre officiel des disparus est désormais fixé à 29.770.

Mais l'ONU et d'autres estimaient lundi que le bilan pourrrait atteindre 100.000 morts, voire plus.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est élevé contre la "réponse inacceptablement lente" de la junte pour venir en aide à quelque deux millions de sans-abri ou dans le besoin.

"La situation est toujours très grave", a expliqué Richard Horsey, un porte-parole de l'ONU pour les opérations humanitaires, depuis Bangkok, en Thaïlande. "Il y a jusqu'à deux millions de personnes qui ont un besoin urgent d'aide". "L'aide arrive" mais pas assez vite, a-t-il reconnu dans un entretien avec l'Associated Press. Les Birmans manquent d'eau potable, de nourriture, d'une aide médicale et d'abris.

L'assistance internationale arrive au compte-gouttes, et la junte bloque l'accès aux experts spécialistes de la gestion des crises humanitaires.

"Les autorités du pays doivent s'ouvrir: elles n'ont pas assez de bateaux, de camions, d'hélicoptères pour acheminer l'aide à l'échelle de cette catastrophe", selon Richard Horsey.

Dans le delta de l'Irrawaddy, région la plus touchée par la catastrophe, les rescapés survivent dans des conditions dramatiques, certains ont trouvé refuge dans des monastères, d'autres dorment en extérieur, buvant l'eau souillée.

"La vie de milliers de survivants du cyclone est en grand danger", a prévenu l'ONG Vision du Monde. Les enfants, dont une majorité d'orphelins, souffrent de fièvre, de diarrhées et d'affections respiratoires.

Beaucoup de gens se plaignent que les soldats détournent l'aide pour eux-mêmes, ne leur laissant que du riz pourri. "Le gouvernement contrôle tout", a confirmé U Patanyale, le père supérieur d'un monastère du village de Kyi Bui Khaw.

"Ceux qui veulent donner l'aide directement aux victimes ont des ennuis. Ils doivent donner au gouvernement ou le faire secrètement", a-t-il expliqué. "Ils suivent les camions de l'aide internationale partout". AP

ljg/v/cr/v479/518