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Les sauveteurs s'efforçaient mardi de dégager les milliers de victimes prises sous les décombres après le violent séisme de lundi dans le centre de la Chine, qui a fait plus de 12.000 morts selon un nouveau bilan officiel, encore provisoire. Les autorités chinoises ont accepté l'aide étrangère, notamment proposée par les Etats-Unis, le Japon et l'Union européenne.
Selon la presse officielle, des équipes de secours ont atteint la région de Wenchuan dans la province du Sichuan (centre), épicentre de la secousse de magnitude 7,9. Mais des orages accompagnés de fortes pluies ralentissaient les opérations de sauvetage, contraignant des militaires dépêchés dans la région à reporter leur mission, a précisé l'agence Chine Nouvelle.
Le bilan du tremblement de terre dépasse désormais 12.000 morts dans la seule province du Sichuan, a annoncé l'agence officielle Chine Nouvelle sans fournir de plus amples précisions. Il devrait encore s'alourdir en raison du nombre de personnes, plusieurs milliers, toujours coincées sous les décombres d'immeubles effondrés.
Plus de 18.600 personnes restaient ainsi ensevelies sous les décombres dans des comtés autour de Mianyang, proche de l'épicentre, d'après Chine Nouvelle. Par ailleurs, plus d'une vingtaine de touristes britanniques et américains étaient toujours portés disparus.
Cinquante mille soldats et policiers ont été envoyés sur place pour participer aux opérations de secours, d'après le ministère de la Défense. Environ 20.000 étaient à pied d'oeuvre et 30.000 autres arrivaient par divers moyens de transports.
Les cadavres, recouverts à la hâte de couvertures, s'alignaient dans les rues, remplissaient les cours d'écoles transformées en morgues. Jusqu'à présent, 58 personnes seulement ont été dégagées des immeubles effondrés dans la zone du séisme, a expliqué à Chine Nouvelle un porte-parole de l'Institut sismologique chinois, Zhang Hongwei.
Nombre de rescapés ont dormi dehors, terrorisés par les répliques du séisme, dont certaines atteignaient une magnitude de 6. Zhou Chun, 70 ans, fuyait la localité de Dujiangyan, une couverture sale jetée sur les épaules. "Ma femme est morte dans le séisme. Ma maison a été détruite. Je vais à Chengdu, mais je ne sais pas où je vais vivre".
A Yinxiu, l'une des localités les plus touchées, seuls 2.300 des 9.000 habitants auraient survécu, selon les premières informations des militaires reprises par la télévision d'Etat.
Dans le secteur de Beichuan proche de l'épicentre, un millier d'élèves et d'enseignants ont été tués ou étaient portés disparus. Leur lycée, un immeuble de plusieurs étages, n'était plus qu'un tas de gravats haut de deux mètres. Selon Chine Nouvelle, on compte quelque 5.000 morts et 80% d'immeubles effondrés à Beichuan, au nord de Chengdu. A Dujiangyan, 900 élèves étaient présumés morts dans les ruines de leurs écoles.
Dans la province du Gansu (nord), le séisme a fait dérailler un train de marchandises, et plusieurs wagons-citernes ont pris feu. Un des conducteurs du train a été blessé. Le sinistre n'avait pas encore été maîtrisé mardi soir, a rapporté Chine Nouvelle.
Le Premier ministre Wen Jiabao s'est rendu dans les régions sinistrées, déplacement dont la presse et la télévision officielles se sont fait largement l'écho. A moins de trois mois du début des JO de Pékin, le pouvoir chinois entendait montrer à la population qu'il s'efforçait de contrôler la situation. Les routes seront dégagées et l'electricité sera rétablie dès que possible, a assuré Wen Jiabao. Une enveloppe de 860 millions de yuans (80 millions d'euros) a été débloquée par le ministère des Finances.
Le gouvernement a déclaré accepter l'aide étrangère, notamment proposée par les Etats-Unis, le Japon, l'Union européenne et la Russie. Fait rare, le président américain George W. Bush a également téléphoné à son homologue Hu Jintao pour lui présenter ses condoléances et proposer une première aide de 500.000 dollars (323.000 euros), a indiqué la Maison Blanche.
Selon le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Qin Gang, les autorités "sont prêtes à prendre contact avec les pays et organisations appropriés".
Mais le responsable des opérations de secours Weng Zhenyao a souligné que les personnels étrangers ne seraient pas autorisés à se rendre dans les zones sinistrées. "Nous accueillons les fonds et les envois" de vivres et matériels. "Nous ne pouvons recevoir à ce stade du personnel", a-t-il dit.
La France s'est déclarée "prête" mardi à "apporter toute son aide aux autorités chinoises pour venir au secours des populations sinistrées du Sichuan". Le Quai d'Orsay a précisé que Paris pouvait mettre à la disposition de Pékin "des moyens humains et matériels, en particulier les équipes spécialisées de la Sécurité civile".
Le séisme de lundi est le plus meurtrier en Chine depuis celui de Tangshan près de Pékin en 1976, qui a fait 240.000 morts selon un bilan officiel. AP
ll/v/jp/v/cr
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