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actu & culture


BEIJING - mardi 13 mai 2008 à 16h11

Une "annus horribilis" pour la Chine


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Tempêtes de neige, manifestations au Tibet, accident de train meurtrier, séisme... L'année 2008 a bien mal commencé en Chine avec une série de catastrophes et d'événements malheureux alors que l'Empire du Milieu espérait une année sous le signe des célébrations avec les Jeux olympiques de Pékin (8-24 août).

Des explosions dans les mines de charbon, aux inondations qui déplacent des dizaines de milliers de personnes chaque année, en passant par les pollutions chimiques des cours d'eau, la Chine a une longue expérience des désastres provoqués par la nature et par l'homme. Les autorités communistes se targuent de réagir avec promptitude, en mobilisant le plus souvent l'armée.

Mais la succession de catastrophes qu'a connue le pays depuis le début de l'année met le régime sous pression à un moment où il espérait n'avoir à se concentrer que sur les Jeux olympiques. "Les Jeux sont un symbole important" pour le gouvernement chinois, qui leur "attache une grande importance", explique Roger Des Forges, un sinologue de l'université de Buffalo, aux Etats-Unis. "Mais pour le peuple chinois, ils sont secondaires à la qualité de vie qu'ils cherchent à avoir. La question des catastrophes prédomine dans l'esprit des gens, qui regardent comment le gouvernement les gère."

Le séisme de magnitude 7,9 qui a frappé la province du Sichuan (centre) lundi a fait plus de 12.000 morts, selon un bilan encore provisoire. Quelques heures après le tremblement de terre, le Premier ministre Wen Jiabao s'est rendu sur place pour superviser les secours, reconnaissant à la télévision chinoise que la tâche était "particulièrement difficile".

Cette "annus horribilis" a démarré avant même le début de l'année du Rat, commencée en février, avec les pires tempêtes de neige dans le pays depuis un demi-siècle. Les intempéries ont frappé les régions méridionales et centrales, densément peuplées, faisant de nombreux morts, privant des villes de courant et empêchant des centaines de milliers de personnes de se déplacer dans une période où traditionnellement de très nombreux Chinois utilisent les transports pour aller voir leur famille.

Les autorités chinoises ont également bataillé contre une inflation à son niveau le plus haut depuis dix ans et pour améliorer l'image du "made in China" après des scandales l'an dernier liés à des produits chinois jugés dangereux.

En mars, les émeutes anti-chinoises au Tibet ont marqué la contestation la plus véhémente de la domination chinoise sur la région himalayenne depuis près de 20 ans. La répression a provoqué de vives critiques internationales sur la situation des droits de l'homme en Chine et notamment au Tibet. La crise tibétaine a eu des répercussions sur le relais international de la flamme olympique, qui s'est déroulé sous haute surveillance mais a néanmoins été perturbé par des manifestations pro-Tibet à Londres, Paris et San Francisco.

En avril, la Chine a connu son pire accident ferroviaire depuis une décennie lorsqu'un train de voyageurs en a percuté un autre dans la province du Shandong, faisant 72 morts et plus de 400 blessés. Les autorités ont déterminé qu'une vitesse excessive était à l'origine du drame.

Pour ne rien arranger, la maladie pieds, mains, bouche, une affection normalement non mortelle, a tué 39 enfants depuis le début de l'année et en a infecté près de 30.000 autres, et une forte augmentation des cas a été enregistrée début mai.

Au final, l'accumulation de désastres pourrait conduire la Chine à réévaluer ses véritables priorités, aux yeux de Roger Des Forges. "Ces crises rappellent au gouvernement qu'aussi importants que sont les Jeux, il y a peut-être des questions plus importantes qui doivent être traitées." AP

lma/v131/cr




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