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actu & culture


FRANCFORT - dimanche 18 mai 2008 à 17h51

Environnement: 191 pays au chevet de la biodiversité



Les représentants de 191 pays se retrouvent lundi à Bonn, dans l'ouest de l'Allemagne, pour tenter de trouver des solutions à la destruction effrénée de la faune et de la flore à l'échelle planétaire, à l'occasion de la 9e Conférence des signataires de la Convention sur la diversité biologique.

Cette rencontre sous l'égide des Nations unies permettra de faire le point sur les objectifs fixés en 2002 lors du Sommet mondial pour le développement durable à Johannesburg, dont la priorité était de réduire de manière significative le rythme d'appauvrissement de la biodiversité d'ici à 2010. Un objectif que beaucoup considèrent aujourd'hui hors de portée compte tenu de la hausse des niveaux de pollution et des changements climatiques.

Certains participants espèrent du reste que la réunion de Bonn débouchera sur la création d'un "GIEC de la biodiversité", calqué sur le modèle du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat.

Débutant à au niveau ministériel pendant deux jours, avant de se conclure le 30 mai, cette réunion des 191 se tient à un moment où la communauté internationale est confrontée à l'une des plus graves crises alimentaires de l'histoire moderne, des émeutes de la faim éclatant en plusieurs points du globe, notamment en Egypte et en Haïti. Les prix des produits de base -blé, maïs, riz- ont atteint des niveaux records, en partie du fait de la flambée actuelle des cours du pétrole et de ses produits dérivés qui entrent par exemple dans la fabrication des engrais.

On assiste aussi à une progression inquiétante du prix des céréales utilisées pour les biocarburants et l'alimentation du bétail, alors que la demande en viande est en forte croissance dans les pays en développement.

"La rénovation de la diversité agricole des cultures et du bétail soutenue par un système de soutien naturel et fonctionnel de la communauté internationale est la meilleure solution à long terme pour répondre aux défis alimentaires mondiaux", a fait valoir Ahmed Djoghlaf, secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique, à la veille de cette conférence mondiale.

"L'agriculture est considérée comme un excellent exemple de la façon dont les activités humaines affectent profondément le système écologique de la planète", souligne M. Djoghlaf dans un communiqué, observant qu'"au cours des 50 dernières années, les humains ont modifié les écosystèmes le plus rapidement et le plus profondément qu'au cours de toute autre période de l'histoire humaine".

De fait, constate-t-il, "plus de terres ont été converties à l'agriculture au cours des cinquante dernières années qu'au cours des deux siècles précédents".

La réunion de Bonn abordera d'autres questions urgentes comme le rythme accéléré du déboisement, sachant que, chaque minute, 20 hectares de forêts disparaissent de la surface du globe et que, chaque année, plus de 10 millions d'hectares de forêts sont détruits.

Selon une étude sur l'économie des écosystèmes à paraître lundi dans l'hebdomadaire allemand "Der Spiegel", la destruction d'espèces animales et végétales coûte 6% du Produit national brut (PNB) mondial, soit l'équivalent de 2.000 milliards d'euros.

Au total, selon les chiffres de l'ONU, 16.306 espèces animales ou végétales sont menacées d'extinction sur 41.415 espèces mises sous surveillance parmi 1,9 million connues dans le monde.

Pour la chancelière allemande Angela Merkel, hôte de cette réunion, un "nouveau départ" est à attendre de ces échanges. Son ministre de l'Environnement Sigmar Gabriel a annoncé que des "mesures efficaces" étaient attendues, en particulier dans le domaine de la reforestation. AP

Sur le Net: http://www.cbd.int/cop9

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