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actu & culture


RANGOON - lundi 19 mai 2008 à 00h13

Le responsable humanitaire de l'ONU à Rangoon, Ban Ki-moon attendu mercredi en Birmanie



Le sous-secrétaire des Nations unies aux Affaires humanitaires John Holmes est arrivé dimanche soir à Rangoon. Il doit tenter de convaincre la junte birmane de laisser entrer l'aide internationale après le passage du cyclone Nargis, alors que les ONG s'inquiètent de plus en plus des risques de famine, les enfants étant les plus menacés. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a annoncé qu'il se rendrait à son tour sur place, mercredi selon sa porte-parole Michèle Montas.

Pour la première fois depuis la catastrophe des 2 et 3 mai, la télévision publique a montré des images du chef de la junte, le général Than Shwe, accusé d'être indifférent au sort de la population et de ne pas s'être rendu dans les zones sinistrées, en train de visiter un camp de réfugiés: le général a quitté sa capitale-bunker de Naypitaw où il vit reclus pour aller rencontrer des victimes et inspecter les distributions d'aide, à Hlaing Thar Yar et Dagon, dans la banlieue de Rangoon, accompagné du numéro 3 de la junte, le général Thiha Thura Shwe Mann.

John Holmes, qui est porteur d'un courrier du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon adressé à Than Shwe, a quant à lui été accueilli par le ministre adjoint des Affaires étrangères Kyaw Thu. Sa visite devrait durer trois jours et inclure une inspection du delta de l'Irrawaddy (sud-ouest), la plus touchée par le cyclone.

S'il doit aussi rencontrer de hauts responsables gouvernementaux, on n'avait pas plus de précisions, selon Daniel Baker, de l'ONU. Depuis le début de la crise, le général Than Shwe a en tous cas refusé de prendre Ban Ki-moon au téléphone et n'a pas non plus répondu aux précédents courriers l'exhortant à autoriser l'aide étrangère, a expliqué à New York la porte-parole Michèle Montas.

D'où la décision de Ban Ki-moon de se rendre sur place en personne, a-t-elle expliqué. Il est précédé de John Holmes, qui doit également tenter d'évaluer, dans la mesure du possible, les besoins des rescapés.

Sa visite intervient alors que les dirigeants de la planète s'insurgent contre la gestion du drame par le régime birman, qui continue d'affirmer, au mépris de l'évidence, que les opérations se déroulent pour le mieux sans aide extérieure: elle soutient même avoir bouclé le volet secours et s'attaquer désormais à la reconstruction.

Et ce alors même que les témoignages inquiétants d'accumulent. Les organismes humanitaires craignent que le bilan des morts n'approche en réalité les 128.000 et s'inquiètent de voir bientôt les 2,5 millions de survivants frappés par des maladies et la famine.

Lueur d'espoir dimanche, le responsable de l'Asie au Foreign Office britannique, Lord Malloch-Brown, a estimé que la junte pourrait accepter un compromis et faire passer l'aide étrangère par des intermédiaires asiatiques. Voire autoriser les navires occidentaux à livrer leurs cargaisons. "Je pense que nous allons voir des mesures d'ouverture importantes de la part des Birmans", a-t-il espéré sur les ondes de la BBC.

Selon l'ONU, l'aide d'urgence envoyée par la communauté internationale n'a pu atteindre pour l'instant qu'environ 500.000 personnes, et l'ONG Save the Children estimait dimanche que des milliers d'enfants aujourd'hui dénutris risquaient de mourir de faim rapidement sans aide alimentaire d'urgence.

Au chapitre des innombrables interdictions et tracasseries empêchant les humanitaires étrangers de travailler, l'ONU explique que la junte interdit même l'importation de matériel de communications: tout équipement doit être acheté via le ministère des Postes et Télécommunications, avec un maximum de dix téléphones par agence, chaque appareil étant facturé 1.500 dollars (960 euros). AP

nc/v0/mw-ll/v0434




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