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actu & culture


BORDEAUX - mercredi 21 mai 2008 à 20h03

Coup dur pour l'Etat avec l'arrestation à Bordeaux de son chef présumé


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Un coup sévère pour l'ETA. Paris et Madrid ne cachaient pas mercredi leur satisfaction au lendemain de l'arrestation à Bordeaux de quatre membres présumés de l'organisation indépendantiste basque, dont son probable chef politique et militaire, lors d'une opération conjointe des polices française et espagnole.

Le Premier ministre espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a salué "le coup très dur porté à la direction de l'ETA", tandis que Nicolas Sarkozy s'est félicité de "l'étroite coopération" avec l'Espagne.

Francisco Javier López Peña, alias "Thierry", considéré comme le chef politique et militaire de l'ETA et qui serait "impliqué dans des attentats en Espagne", selon un communiqué du Premier ministre François Fillon, a été arrêté en compagnie de trois autres etarras présumés. Il était "recherché depuis plus de vingt ans", précise le communiqué.

Les trois autres personnes arrêtées ont été identifiées par Madrid comme étant Ainhoa Ozaeta Mendiondo, Igor Suberbiola et Jon Salaberría. L'opération a été menée conjointement par la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG), la Sous-direction antiterroriste (SDAT), la Direction interrégionale de police judiciaire de Bordeaux (DIPJ) et la Garde Civile avec l'appui de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) de Bayonne. Les interpellations se sont déroulées sans heurts, a-t-on indiqué de source policière française.

Quatre armes de poing, du chlorate de sodium pouvant servir à fabriquer des engins explosifs, des retardateurs, des faux documents d'identité français et espagnols, des ordinateurs et des documents en basque ont été saisis dans le logement occupé par les quatre etarras présumés situé cours de la Marne en centre-ville. On ajoutait de même source que leurs empreintes digitales avaient été transmises en Espagne. La police a aussi saisi deux véhicules volés en août 2006 et décembre 2007 en Gironde et Maine-et-Loire, ainsi que de fausses plaques d'immatriculation.

Par ailleurs, un Français a été interpellé mercredi à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), la police le soupçonnant d'avoir apporté son soutien aux quatre etarras présumés et notamment d'avoir loué le F2 bordelais où ils étaient cachés. Il s'agit d'un homme de 75 ans, précisait-on de source judiciaire. Une perquisition a été menée à son domicile à Ustaritz.

Le parquet de Paris a annoncé qu'une enquête avait été ouverte "à la suite de renseignements portés à la connaissance (de ses services) dans la soirée du 20 mai faisant état de l'occupation d'un appartement situé dans le centre de Bordeaux par plusieurs personnes présumées membres" de l'organisation ETA.

L'enquête a été ouverte pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme", "usage de fausses plaques d'immatriculation en relation avec une entreprise terroriste" et "recel de vol en bande organisée", ajoute le parquet.

Présenté par les médias espagnols comme le No1 présumé de l'organisation clandestine, López Peña est à l'origine de la rupture du cessez-le-feu par l'organisation armée basque fin 2006, selon un porte-parole de la police espagnole.

Dans un communiqué publié mercredi, Nicolas Sarkozy s'est félicité de "l'étroite coopération" avec l'Espagne. "La France est résolument engagée dans la lutte contre toutes les menaces terroristes qui peuvent porter atteinte à son intégrité et à la sécurité de nos concitoyens", note le chef de l'Etat.

L'organisation clandestine ETA a perpétré plus d'une vingtaine d'attentats depuis son annonce unilatérale de la fin du cessez-le-feu en décembre 2006 après l'échec des négociations de paix avec le gouvernement espagnol qui a refusé toute concession. Depuis décembre 2006, le bilan est de six morts. L'ETA, considérée comme une organisation terroriste par l'Espagne, l'Union européenne et les Etats-Unis, est accusée d'avoir assassiné plus de 825 personnes depuis la fin des années 1960. AP

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