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actu & culture


PARIS - jeudi 22 mai 2008 à 16h49

Nicolas Sarkozy à Luanda pour tourner la page de "l'Angolagate"



Nicolas Sarkozy est attendu vendredi matin en Angola, Etat du sud-ouest de l'Afrique, pour une visite éclair destinée à "rétablir la confiance" avec un pays en froid avec Paris depuis une dizaine d'années.

C'est la première visite à Luanda d'un président français depuis dix ans. Nicolas Sarkozy ne devrait passer que quatre heures sur place, pour un déplacement promis lors d'un entretien avec son homologue Eduardo Dos Santos en septembre dernier à New York.

"Je crois pouvoir dire qu'une page est définitivement tournée, celle des mauvaises relations entre l'Angola et la France", avait alors affirmé le président Sarkozy.

Il s'agit de "solder un certain nombre de contentieux", explique-t-on à l'Elysée. Au premier rang de ces "contentieux": "l'Angolagate", une affaire de vente d'armes présumée illégale vers l'Angola, dont le procès doit s'ouvrir le 6 octobre. Quarante-cinq personnes, dont Charles Pasqua, Pierre Falcone, Jean-Christophe Mitterrand ou Arcadi Gaydamak, sont poursuivies.

Les principaux protagonistes sont soupçonnés d'avoir vendu de 1993 à 2000, sans l'accord du gouvernement français, pour 791 millions de dollars d'armes au régime angolais du président Eduardo Dos Santos, en guerre contre l'UNITA (Union nationale pour l'indépendance totale d'Angola), le mouvement de Jonas Savimbi, mort en 2002.

Le président Dos Santos, au pouvoir depuis 1979, n'avait guère apprécié d'être ainsi mis en cause. "Ce dossier est de nature totalement judiciaire. L'instruction est bouclée" et "aucun ressortissant angolais n'est poursuivi", souligne-t-on désormais à l'Elysée.

Paris entend donc renouer avec un pays qui "va de plus en plus jouer un rôle déterminant dans cette région", selon l'Elysée, et qui est aussi le deuxième producteur de pétrole en Afrique. Le français Total y possède en particulier des intérêts importants.

Des chefs d'entreprises accompagneront donc Nicolas Sarkozy à Luanda. Seront ainsi présents les représentants de Total, Thales, Bolloré, Air France et de la Société générale. Le groupe Thales devrait signer un accord d'environ 150 millions d'euros sur les télécommunications angolaises, alors qu'Areva a entamé des négociations pour obtenir des droits d'exploration de l'uranium dans le sud du pays.

L'Angola est sorti de 30 ans de guerre civile en 2002. Le régime angolais est encore pointé du doigt pour sa corruption ou ses méthodes brutales. Mais la France estime que "l'Angola s'engage maintenant sur le chemin de la démocratie". Eduardo Dos Santos a promis la tenue de législatives en 2008. AP

co/tl




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