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Arrivé vendredi en Chine à l'occasion de son premier déplacement à l'étranger depuis son entrée en fonctions, le nouveau président russe Dimitri Medvedev a condamné vendredi avec son homologue chinois Hu Jintao le projet de bouclier antimissiles américain en Europe de l'Est. Les deux hommes ont également signé un contrat dans le domaine du nucléaire.
Dans un communiqué commun, les deux hommes ont estimé que ce projet "n'aide pas à maintenir l'équilibre et la stabilité stratégiques ni à renforcer le efforts internationaux pour contrôler la non-prolifération" des armes.
Les deux chefs d'Etat ont également assisté vendredi à la signature d'un contrat prévoyant la construction par Moscou d'une usine d'enrichissement nucléaire en Chine d'un montant de 500 millions de dollars (335 millions d'euros).
L'accord, signé au Grand palais du peuple, siège du Parlement chinois à Pékin, prévoit également que la Russie fournisse pour 500 millions de dollars minimum d'uranium semi-enrichi à son voisin chinois. Il renforce le partenariat énergétique entre les deux pays.
"En se rendant en Chine pour son premier déplacement à l'étranger depuis sa prise de fonctions, le président medvedev a montré qu'il attache une grande importance au développement de relations bilatérales", a déclaré Hu Jintao. "Je suis certain que cette visite donnera un élan à notre partenariat stratégique et qu'elle le conduira à un nouveau niveau".
Dimitri Medvedev a également présenté les condoléances de la Russie à la Chine après le tremblement de terre du Sichuan et indiqué que Moscou était prête à fournir une nouvelle aide si nécessaire. "La Russie et la Chine sont des partenaires stratégiques. Vous avez souligné à bon escient la signification de ma visite à l'étranger dans mes fonctions", a-t-il affirmé, s'adressant à son homologue chinois.
La visite de Dimitri Medvedev pour son premier voyage officiel à l'étranger témoigne un peu plus de l'amélioration de relations bilatérales longtemps exécrables. Au cours de cette visite de deux jours, il rencontrera également le Premier ministre Wen Jiabao, selon l'agence officielle Chine nouvelle.
Le président russe était auparavant au Kazakhstan, où il cherchait jeudi à préserver l'influence russe dans cette Asie centrale stratégique surtout au chapitre énergétique, et à montrer à l'Occident, mais aussi à la Chine, que Moscou considère toujours les pays issus de l'URSS comme sa zone d'influence privilégiée.
Les frictions entre Pékin et Moscou continuent en effet sur le pétrole et le gaz d'Asie centrale.
"La Russie s'inquiète de la tranquille expansion chinoise en Asie centrale", qu'elle considère toujours comme son "arrière-cour", estime Fiodor Lukyanov, rédacteur en chef Russie du magazine "Global Affairs".
La Chine a déjà passé un accord sur un oléoduc avec le Kazakhstan et négocie un accord sur le gaz avec le Turkménistan.
Lorsque Vladimir Poutine avait effectué en 2000 son premier voyage à l'étranger, il avait été à Londres, avec le message que le Kremlin voulait se rapprocher de l'Occident.
Mais il a depuis resserré les liens avec la Chine, et le choix de Medvedev pour son premier voyage est donc tout un symbole du "monde multi-polaire" auquel aspirent désormais Moscou et Pékin: tous deux membres permanents du Conseil de sécurité, elles se sont coordonnées sur des sujets comme l'indépendance du Kosovo, les projets de système antimissiles américain, ou encore la position sur l'Iran. AP
nc/v/jp/v
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