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Plus de 45 pays et organisations régionales doivent participer dimanche à Rangoon à une conférence internationale destinée à récolter des fonds pour apporter une aide humanitaire d'urgence, trois semaines après le passage dévastateur du cyclone Nargis.
Juste avant la conférence, organisée sous l'égide des Nations unies et de l'ASEAN (Association des nations de l'Asie du Sud-Est), le secrétaire général de l'ONU a annoncé avoir obtenu que le régime birman accepte de laisser entrer "tous les travailleurs humanitaires", une promesse que le régime n'a pas publiquement reconnue. Ban Ki-moon, qui s'est entretenu vendredi avec le chef de la junte, le général Than Shwe, a précisé que les généraux avaient également accepté "que l'aide internationale soit livrée à la Birmanie par des bateaux civils et de petites embarcations".
Samedi, lors d'une visite en Chine dans la zone dévastée par le séisme du 12 mai, M. Ban a répété que la junte lui avait promis "que tous les personnels humanitaires internationaux pourront librement avoir accès aux personnes dans le besoin".
"Je veux être optimiste, mais je suis sceptique", commentait Lionel Rosenblatt, président émérite de l'organisation Refugees International, basée aux Etats-Unis. "C'est une course contre la montre pour acheminer de l'aide aux personnes qui en ont désespérément besoin", a dit de son côté l'organisation britannique Oxfam dans un communiqué. Elle "salué avec prudence" la décision de la junte, disant attendre de voir "de véritables efforts pour alléger la souffrance sur le terrain".
Les organisations humanitaires exhortaient samedi la junte à clarifier les conditions des opérations sur le terrain, disant attendre de savoir notamment quand les personnes humanitaires obtiendront des visas, pour quelle durée et dans quelles zones ils pourront travailler.
"Nous espérons que cela voudra dire que plus de personnels humanitaires étrangers pourront se rendre dans les zones les plus touchées", expliquait la porte-parole de Save the Children Kate Conradt. "Nous avons déjà du personnel expatrié à Rangoon. Mais ils ne peuvent tout simplement pas quitter la ville".
La concession apparente de la junte intervient alors qu'elle a maintenu sa décision très critiquée d'organiser samedi le référendum constitutionnel à Rangoon et dans les secteurs les plus touchées par le cyclone dans le delta de l'Irrawaddy.
Malgré le passage de Nargis, qui a fait au moins 134.000 morts et disparus, le référendum avait eu lieu comme prévu le 10 mai dernier dans le reste du pays. La junte n'avait consenti qu'à un report de 15 jours dans les zones les plus dévastées. Selon la radio d'Etat, le vote de samedi ne risque pas de modifier les résultats, qui ont vu le projet de Constitution approuvé avec plus de 92% des suffrages.
La prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi, responsable de la Ligne nationale pour la démocratie (LND), a pu voter vendredi soir quand des responsables du scrutin sont venus chez elle avec un bulletin de vote, a précisé un responsable sous couvert de l'anonymat. Son parti a appelé à voter non au projet de Constitution, qui lui interdit de fait d'obtenir un mandat électif sous prétexte qu'elle a été mariée à un étranger.
La conférence de Rangoon sera co-présidée par Ban Ki-moon. Selon la porte-parole de l'ONU, Marie Okabe, elle visera dans un premier temps à financer des mesures immédiates de secours pour les 2,5 millions de personnes restées dans le dénuement après le passage du cyclone les 2 et 3 mai, mais elle tiendra également compte des besoins à moyen et long termes.
Le 9 mai dernier, l'ONU avait lancé un appel d'urgence pour récolter 187 millions de dollars (118 millions d'euros de dons), avant de relever ce montant à 201 millions de dollars (127 millions d'euros). Mais ces chiffres pourraient encore monter quand les experts auront pu évaluer plus précisément les besoins de la région du delta de l'Irrawaddy.
Stephanie Bunker, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), précisait vendredi que les Nations unies avaient reçu jusqu'ici environ 50 millions de dollars (31,7 millions d'euros) de contributions et environ 42,5 millions de dollars (27 millions d'euros) de promesses de dons en réponse à cet appel. Samedi, le Premier ministre chinois Wen Jiabao a promis 10 millions de dollars (7 millions d'euros) pour aider la Birmanie. AP
sb/v0/mw
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