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Le ministre colombien de la défense a déclaré avoir appris de diverses sources émanant de services de renseignement la mort du chef historique des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Manuel Marulanda.
Le ministère indique dans un communiqué avoir "appris de différents services de renseignements militaires" que Manuel Marulanda, à la tête du mouvement rebelle depuis plus de 40 ans, était mort le 26 mars.
"Nous savons qu'au sein des FARC, la version est qu'il est décédé de mort naturelle, plus précisément d'une crise cardiaque", poursuit le communiqué.
Le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, avait déjà évoqué la mort de Marulanda dans une interview publiée samedi, s'appuyant sur "une source qui ne nous a jamais fait défaut". Il précisait toutefois que le gouvernement cherchait à corroborer l'information par d'autres sources.
Un haut responsable de la Défense a indiqué à l'Associated Press que les services secrets devait leur information à un témoignage humain, renforcé par des conversations interceptées. S'exprimant sous couvert d'anonymat, il a souligné que la mort de Marulanda devait encore, malgré cela, être confirmée.
A plusieurs reprises ces 15 dernières années, le gouvernement colombien a déjà annoncé la mort de Marulanda pour être démenti, à chaque fois, par des preuves de vie dans les mois suivants.
Le décès de Marulanda, supposé être âgé d'environ 80 ans, serait survenu le 26 mars, selon M. Santos. D'après le ministre, "les guérilleros disent" que Marulanda est mort d'une crise cardiaque. M. Santos note toutefois que trois raids aériens de l'armée ont visé le chef des FARC ce jour-là.
"Que la mort de Marulanda ait été causée par un bombardement ou qu'elle soit naturelle, il s'agirait de la plus sévère perte jamais subie par le groupe terroriste", poursuit le communiqué du ministère de la Défense.
"Si (les FARC) réfutent l'information, ils vont devoir le prouver", ajoute le document, précisant que Marulanda pourrait avoir été remplacé, à la tête du mouvement rebelle d'extrême gauche, par l'idéologue du groupe, Alfonso Cano.
Les FARC n'avaient pas encore réagi sur le site internet om sont habituellement diffusés leurs communiqués.
Depuis des mois, l'armée colombienne affirme avoir acculé Alfonso Cano dans un secteur de la jungle colombienne situé dans le sud-ouest du pays et présente sa capture ou sa mort comme imminente.
Le numéro deux des FARC, Raul Reyes, a été tué le 1er mars dernier dans un raid de l'armée colombienne en territoire équatorien.
Marulanda, de son vrai nom Pedro Antonio Marin, est né dans une famille de paysans et s'est radicalisé pendant les guerres civiles qui ont secoué le pays au milieu du XXe siècle. Avec d'autres survivants d'un raid militaire sur un village, il a créé les FARC en 1964. Le mouvement s'est développé jusqu'à atteindre, au plus fort, 15.000 hommes. Le ministère de la défense estime que les FARC comptent aujourd'hui 9.000 membres.
La guérilla reste influente dans certaines parties rurales de la Colombie, mais de plus en plus de Colombiens estiment que ses membres ont abandonné leur idéologie communiste à mesure que le trafic de drogue prenait de l'importance dans le financement de la guérilla.
Selon le gouvernement colombien, les FARC retiennent 700 personnes en otages, dont la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, enlevée en février 2002. AP
ll/sop/v0286/pf/v0035
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