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Un groupe armé a mortellement atteint un journaliste somalien qui avait été le collaborateur de plusieurs médias étrangers comme l'Associated Press ou la BBC, ont annoncé samedi son épouse et un médecin.
Nasteex Dahir Farah, âgé de 26 ans, a reçu plusieurs balles dans la poitrine. L'attaque est survenue à Kismayo, une ville portuaire du sud de la Somalie, a précisé le docteur Mohamed Aden Dheel qui officie dans l'hôpital local. Le journaliste a succombé à ses blessures dans l'établissement, a-t-il ajouté.
"Sa mort équivaut à la destruction totale de ma vie", a confié à l'Associated Press Idila Farey, l'épouse de M. Farah, enceinte de six mois. Le couple avait déjà un fils de 10 mois à peine.
La Somalie, en proie au chaos et à la violence depuis 1991, est l'un des pays les plus dangereux du monde pour l'exercice du journalisme. Au moins neuf autres journalistes y ont été tués depuis février 2007, selon les chiffres d'Amnesty International.
Nasteex Dahir Farah, qui était vice-président de l'Union nationale des journalistes somaliens, collaborait en tant que rédacteur, photographe et reporter d'images avec l'Associated Press depuis 2006. On ignore s'il travaillait sur un sujet au moment de son assassinat.
Dans un communiqué, l'Union des journalistes a condamné un "assassinat programmé", soulignant que Farah avait reçu des menaces de mort anonymes.
"Il n'y a pas d'autorité judiciaire en Somalie et personne ne protège les journalistes", s'est plaint le secrétaire général de l'organisation Omar Farouk Osman.
L'organisation Reporters sans frontières s'est dite "profondément bouleversée" par cet assassinat.
"Nous partageons le terrible deuil qui vient de frapper la famille et les confrères de Nasteex Dahir Farah. La liste des morts ne cesse de s'allonger sans que les autorités ne prennent de mesures pour juguler la violence dont les journalistes sont la cible. Cet immobilisme est scandaleux alors que la Somalie est le pays le plus meurtrier d'Afrique pour les professionnels des médias", a déclaré Reporters sans Frontières dans un communiqué publié samedi.
Selon l'organisation, "un groupe d'individus armés a tiré plusieurs balles sur Nasteex Dahir Farah alors qu'il rentrait à son domicile à Kismayo".
"Le journaliste est décédé dix minutes après avoir été transporté à l'hôpital de la ville. Ses agresseurs n'ont pas été identifiés", précisait le communiqué. AP
ca/v556/com
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