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Jacques Chirac, le retour. Un an après son départ de l'Elysée le 16 mai 2007, l'ancien président lance lundi sa fondation pour la diversité des cultures et le développement durable lors d'une conférence au musée du Quai Branly.
Depuis un an, Jacques Chirac s'est fait discret. Il lui a d'abord fallu s'habituer à sa nouvelle existence, après 40 ans de vie politique au plus haut niveau. "La réadaptation a été difficile", confie un vieux compagnon. "Comme tous les gens au pouvoir depuis 40 ans, il s'y plaisait."
L'ancien chef d'Etat, 75 ans, a dû aussi affronter un problème de santé -la pose d'un stimulateur cardiaque en avril dernier-, et quelques ennuis judiciaires. Mis en examen fin novembre pour "détournement de fonds publics", il a notamment été entendu à plusieurs reprises par les juges chargés des affaires du RPR et de la mairie de Paris.
Avec sa fondation, lancée en grande pompe lundi, il s'est trouvé une activité à sa mesure. Reconnue d'utilité publique le 9 mars dernier, la Fondation Chirac, qui s'installera fin juin dans des locaux situés rue d'Anjou dans le VIIIe arrondissement, vise à prolonger les combats menés pendant ses 12 années à l'Elysée.
"Face aux grands défis du monde, j'ai toujours envie de me battre. Et cette fondation en est l'instrument. Je veux aviver et réveiller les consciences", explique M. Chirac dans un entretien publié vendredi par "Le Figaro".
Financée par des dons privés (d'entreprises ou d'amis comme François Pinault), la Fondation, dont le budget -non communiqué- est en cours de constitution, comptera quelques collaborateurs. Elle financera des projets concrets dans le domaine de l'accès à l'eau et aux médicaments, de la lutte contre la déforestation et la désertification, de la sauvegarde des langues et cultures menacées. Elle a lancé ses premières actions dans les pays africains: Sénégal, Mali, Bénin et bassin du Congo.
Sa Fondation permettra au "retraité" Chirac de multiplier les voyages: il sera jeudi en Russie pour recevoir le prix d'Etat des mains de son ami Vladimir Poutine, et compte retourner d'ici la fin de l'année en Afrique, en Chine et "naturellement au Japon".
Jacques Chirac présentera sa fondation entouré des membres de son comité d'honneur, à la hauteur de son énorme carnet d'adresses: l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, l'ancien président brésilien Fernando Cardoso, l'ancien Premier ministre canadien Jean Chrétien, le secrétaire général de la francophonie Abdou Diouf, l'ancien directeur général de l'Unesco Federico Mayor, le chanteur Youssou N'Dour et deux prix Nobel de la paix, Rigoberta Menchu et Rajendra Pachauri, seront notamment présents.
L'après-midi sera consacrée à la défense des langues menacées, avec le lancement d'un programme dénommé "Sorosoro". "Un mot araki, une langue qui n'est plus parlée que par huit personnes au Vanuatu et qui signifie 'souffle, parole, langue'", explique M. Chirac.
Tout au long de cette journée, Jacques Chirac va tout faire pour ne pas commenter l'action de son successeur. "Je n'ai pas vocation à critiquer, ni à donner de conseils", dit-il dans "Le Figaro".
L'ancien président suit néanmoins de très près l'actualité politique. Dans cet entretien, il laisse transparaître son sentiment sur la réforme des institutions. "Moins on les touche, mieux ça vaut", glisse-t-il. Et rappelle son soutien à la poursuite des discussions avec la Turquie pour son éventuelle adhésion à l'UE.
Les critiques régulièrement proférées contre lui par Nicolas Sarkozy ne lui ont pas échappé. Recevant le 7 mai les parlementaires UMP, le chef de l'Etat avait critiqué l'immobilisme de son prédécesseur.
La semaine dernière, l'heure était à la détente, sous la forme d'un déjeuner de retrouvailles mercredi dans un restaurant parisien. Car les deux hommes, dont les destins politiques sont liés depuis 30 ans, ont encore besoin l'un de l'autre.
Nicolas Sarkozy aimerait notamment que les fidèles de Jacques Chirac votent la réforme des institutions. Treize députés, proches pour la plupart de l'ancien président, se sont opposés à la révision constitutionnelle mardi à l'Assemblée. AP
egp/sb
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