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Goodbye Paris. C'est comme avec une pointe de regret que George W. Bush bouclait samedi sa dernière visite en France de président des Etats-Unis: en son hôte Nicolas Sarkozy il semblait en effet avoir trouvé un partenaire à son goût, avec lequel il a pu se montrer ferme envers l'Iran et la Syrie et qui a répété haut et fort que l'amitié franco-américaine était désormais "apaisée et solide".
Car entre le Paris de Sarkozy et le Washington de Bush, finis les différends de l'ère chiraquienne, on ne parle plus que "convergences". Et s'il y a "parfois des nuances, c'est normal", a noté Nicolas Sarkozy, elles se gèrent "de façon apaisée".
Lors de la conférence de presse conjointe avec son hôte élyséen, l'Américain en tournée d'adieux européenne s'est dit "déçu" que Téhéran ait "rejeté d'emblée" l'offre "généreuse" du Groupe des Six présentée par le chef de la diplomatie européenne Javier Solana afin de l'inciter à renoncer à l'enrichissement d'uranium.
Sarkozy a renchéri, réaffirmant son credo qu'un Iran doté de l'arme nucléaire serait "totalement inacceptable" et estimant que les Iraniens "méritent mieux que l'impasse dans laquelle les conduisent" leurs dirigeants actuels.
En bonne position derrière l'ennemi numéro un iranien, la Syrie aussi en a pris pour son grade, mais avec les fameuses nuances, Paris ayant repris des contacts directs avec Damas à la différence de Washington.
Alors que la polémique sur une éventuelle présence de Bachar el-Assad à la tribune officielle du défilé du 14-juillet ébranle le Tout-Paris politique, on a demandé aux présidents quel message ils voudraient faire passer au raïs de Damas. Bush a été clair: "cessez d'être de connivence avec les Iraniens, cessez d'abriter les terroristes, soyez une force constructive au Moyen-Orient, contribuez à la création d'un Etat palestinien, faites comprendre au Hamas que la terreur doit cesser", a-t-il énuméré. "Dites clairement à vos alliés iraniens que l'Occident est tout à fait sérieux" sur l'interdiction de l'enrichissement de l'uranium et aussi que le Hezbollah "est une force de déstabilisation au Liban et ailleurs".
"Nous sommes totalement d'accord sur la nécessité de garantir l'indépendance du Liban", a renchéri Nicolas Sarkozy, plus posément, avant de réclamer que "la Syrie se désolidarise le plus possible de l'Iran dans sa quête pour avoir une arme nucléaire". Paris, qui avait mis comme condition à la reprise de contact avec Damas l'élection d'un président au Liban, a semblé désormais conditionner la poursuite de ce "processus" à l'attitude de Damas sur le dossier iranien.
Dans une déclaration commune diffusée par l'Elysée à l'issue de leurs entretiens, les deux pays réclament en outre l'instauration de relations diplomatiques "à part entière" entre Damas et Beyrouth, et réaffirment "que les États-Unis et la France maintiendront leur solide partenariat en vue d'un Liban pacifique, souverain, indépendant, uni et démocratique".
Enfin, quelque peu empêtré dans son affaire de sommet de l'Union pour la Méditerranée, Nicolas Sarkozy a lancé une pique aux mauvais esprits: "à ma connaissance la Syrie fait partie des pays méditerranéens. Si on commence, quand on fait le tour de la Méditerranée, à n'inviter que ceux qui correspondent aux critères qui sont exactement les nôtres, on risque de faire une réunion où il y a peu de monde", a-t-il ironisé. Au risque de fâcher un peu plus des pays de la rive sud déjà sceptiques...
Mais le soleil se devait de briller au-dessus de deux présidents déterminés à évoquer une amitié sans nuage. Sur l'Afghanistan, George W. Bush a multiplié les remerciement au Français, pour les renforts militaires qu'il envoie sur place, et pour avoir organisé la conférence de Paris sur l'aide à la reconstruction.
Et il n'a pas tari d'éloges sur celui qu'il appelle "Nicolas", un homme "intéressant, plein d'énergie et très sage". Avant de cultiver le pêché mignon de son hôte en s'extasiant également sur sa nouvelle épouse Carla Bruni-Sarkozy: "intelligente, très compétente. Je comprends pourquoi vous l'avez épousée".
Enfin, les deux présidents se sont ensuite recueillis au cimetière américain de Suresnes et au Mont-Valérien. La visite française devait s'achever samedi soir par un dîner privé à l'ambassade des Etats-Unis, George W. Bush partant dimanche pour Londres, dernière étape européenne, avant de retraverser l'Atlantique pour ses derniers mois à la Maison Blanche. AP
nc/sb
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