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Les socialistes Michel Rocard et Jacques Delors s'élèvent contre la directive européenne "dite du "retour" concernant les immigrés clandestins, jugeant qu'elle contient "plusieurs mesures outrancières". Ils demandent que la Commission reprenne "l'élaboration de cette directive sur des bases plus conformes" aux valeurs européennes.
Les députés européens doivent se prononcer mercredi sur l'instauration de règles communes pour l'expulsion des migrants clandestins, dite directive du "retour". "Nous ne pouvons pas cacher nos inquiétudes sur la pertinence du projet actuellement en discussion", expliquent l'ancien président de la Commission européenne et le député européen dans une tribune intitulée "L'Europe doit respecter la dignité des sans-papiers", publiée dans "Le Monde" daté de mercredi.
Le projet "contient plusieurs mesures outrancières: la durée de rétention autorisée (18 mois) est en totale disproportion avec le temps réellement nécessaire pour organiser le renvoi d'un étranger", notent-ils.
"L'instauration d'une interdiction de retour sur le territoire européen durant cinq ans pour les personnes expulsées tend à les stigmatiser comme coupables d'un délit dont il faut les punir, au risque d'ailleurs de nier l'exercice futur de droits reconnus comme essentiels", ajoutent Michel Rocard et Jacques Delors.
Enfin "les garanties prévues quant à l'enfermement ou l'expulsion des personnes vulnérables (mineurs, famille, malades) sont très limitées, pour ne pas dire inexistantes".
"Ne serait-il pas plus sage que les parlementaires s'abstiennent d'adopter ce projet en l'état?", lancent les deux anciens responsables socialistes. Pour eux, "il paraîtrait plus opportun de demander à la Commission européenne (...) de reprendre l'élaboration de cette directive sur des bases plus conformes à l'idée que nous avons de la façon dont l'Europe doit respecter la dignité des personnes". AP
ljg/com/mw
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