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actu & culture


CHARM EL-CHEIKH, Egypte - lundi 30 juin 2008 à 18h22

Robert Mugabe en quête de légitimité au sommet de l'Union africaine


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Quelques heures après avoir prêté serment à l'issue d'un simulacre d'élection présidentielle, le leader zimbabwéen Robert Mugabe est arrivé lundi à Charm el-Cheikh pour le 11e sommet de l'Union africaine. En mal de légitimité, il devrait toutefois échapper aux critiques de ses homologues africains, pourtant pressés par l'Occident de condamner son maintien au pouvoir pour un sixième mandat.

Robert Mugabe s'est affiché avec le président égyptien Hosni Moubarak lors de son arrivée au hall de conférences de Charm el-Cheikh, avant d'embrasser chaleureusement tous les chefs d'Etats et diplomates assistant aux réunions, selon un délégué présent lors des débats.

En guise de condamnation du régime de Mugabe, les dirigeants africains devraient simplement inviter le président du Zimbabwe à accepter un accord de partage du pouvoir avec l'opposition, dont le candidat Morgan Tsvangirai s'est retiré du second tour de la présidentielle vendredi, suite aux pressions et intimidations dont ses partisans ont fait l'objet.

L'Afrique doit "faire tout ce qui est en son pouvoir pour aider les parties du Zimbabwe à travailler ensemble dans l'intérêt suprême de leur pays, afin de dépasser ses défis actuels", a déclaré le président de la commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping.

La secrétaire générale adjointe des Nations unies Asha-Rose Migiro s'est fait l'écho de cet appel à l'action, affirmant devant les participants au sommet que la crise au Zimbabwe était "le principal défi dans le sud de l'Afrique, non seulement en raison de ses conséquences humanitaires terribles, mais également en raison du précédent politique dangereux qu'elle créée".

Depuis le Zimbabwe, Morgan Tsvangirai a jugé que Mugabe n'avait rien à faire à Charm el-Cheikh et qu'il revenait désormais à l'UA de gérer la crise zimbabwéenne. "Robert Mugabe n'est pas le président légitime du Zimbabwe", a-t-il déclaré à l'Associated Press. "Il usurpe le pouvoir du peuple. Il a brutalisé son propre peuple".

Morgan Tsvangirai est appuyé par une partie de la communauté internationale. Les Etats-Unis souhaitent que le Conseil de sécurité de l'ONU se penche sur la situation cette semaine, tandis que le Premier ministre britannique Gordon Brown a appelé l'UA à rejeter clairement la farce électorale de vendredi. "Je pense que le monde entier porte un message disant que ces prétendues élections ne seront pas reconnues", a-t-il déclaré lundi.

A Paris, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a jugé que Robert Mugabe n'était "pas fréquentable" et que la situation au Zimbabwe s'apparentait à une "régression du droit d'ingérence".

Malgré ces appels, les dirigeants africains devraient adopter une ligne de conduite plus souple, plusieurs d'entre eux souhaitant éviter une comparaison avec leurs propres processus électoraux, ou en raison des liens historiques de leurs pays avec le Zimbabwe, dont l'indépendance en 1980 est indissociable de l'image de Mugabe. D'autant que le président zambien Levy Mwanawasa, l'un des critiques déclarés du président zimbabwéen, a dû être hospitalisé dimanche soir en raison d'une attaque et ne participera pas au sommet, selon son vice-président Rupiah Banda.

Peut-être aussi parce que le régime de Mugabe a menacé de montrer du doigt certains chefs d'Etat s'ils prenaient position contre lui. Lundi, le "Herald", organe de presse gouvernemental, prévenait que Mugabe était "prêt à faire face à n'importe lequel de ses homologues de l'UA qui ferait des remarques désobligeantes sur le processus électoral du Zimbabwe, car certains de ces pays ont un passé électoral pire". AP

jp/v304/nc




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