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actu & culture


VARSOVIE - mardi 01 juillet 2008 à 18h01

Lech Kaczynski: la ratification du traité européen est devenue "inutile" après le "non" irlandais



Coup dur pour Paris. Au premier jour de la présidence tournante de l'Union européenne assurée par la France, le président polonais Lech Kaczynski estime mardi que la ratification du traité européen était devenue désormais "inutile" après le "non" des électeurs irlandais le mois dernier.

Dans une interview publiée par le quotidien "Dziennik", Kaczynski déclare notamment que "pour l'heure, la question du traité est vaine": "Il est difficile de savoir comment cela va se terminer. Cependant, dire que s'il n'y a pas de traité, il n'y a plus d'Union européenne n'est pas sérieux".

Le Parlement polonais a ratifié le traité à une très large majorité en avril dernier mais cette ratification a encore besoin de la signature du chef de l'Etat pour être effective.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk, rival politique de Lech Kaczynski, a de son côté réaffirmé le soutien de son gouvernement au traité de Lisbonne et a invité le président à le ratifier définitivement. "Signer le traité de Lisbonne -la dernière étape de la ratification- est dans l'intérêt de la Pologne, et il est difficile pour nous d'accepter une situation dans laquelle la Pologne pourrait se trouver inutilement à côté de l'Irlande", a-t-il déclaré.

Même son de cloche à la Commission européenne, qui a souligné le rôle de Lech Kaczynski dans un éventuel accord de l'ensemble des 27 sur le traité. "La Pologne, comme les autres Etats-membres, a signé le traité et s'est engagée à le ratifier, et je rappellerais que le président de la Pologne a été un acteur majeur des négociations sur le traité", a expliqué Pia Ahrenkilde Hansen, porte-parole de la commission.

"On va reprendre les discussions", réagissait-on dans le même temps mardi à l'Elysée, en rappelant que les futurs élargissements dépendaient aux yeux de Paris de l'adoption des nouvelles institutions.

"Pour des pays comme la Pologne, le meilleur argument c'est l'élargissement (...) Les Polonais ont été un moteur de l'élargissement", rappelait-on de même source. "Cela a été une grave erreur d'élargir l'Europe avant de réformer les institutions, mais nous n'allons pas répéter la même erreur". Par ailleurs, l'Elysée ne "voyai(t) pas comment le président polonais pourrait défier la volonté du Parlement".

"Est-ce qu'il n'y a pas une part de politique nationale derrière tout ça?", s'interrogeait le ministre de l'Agriculture Michel Barnier après un déjeuner de travail avec la Commission à Matignon.

"Cela ne me paraît pas être l'événement le plus important" de la journée, minimisait de son côté le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Jean-Pierre Jouyet, tout en notant que "l'opinion polonaise reste très pro-européenne".

L'Irlande a rejeté le traité lors d'un référendum le 12 juin. L'Irlande était le seul pays à avoir soumis le traité à un vote populaire.

Les Etats-membres de l'Union européenne sont parvenus à un consensus pour poursuivre le processus de ratification du traité de Lisbonne malgré le "non" irlandais et ont décidé de différer jusqu'en octobre toute décision sur le rejet irlandais. AP

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