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actu & culture


BOGOTA - dimanche 06 juillet 2008 à 07h13

Uribe plaide pour un rapprochement avec Caracas, L'Equateur garde ses distances



Après des mois de tensions diplomatiques, le président colombien Alvaro Uribe a plaidé samedi pour un réchauffement des relations avec son homologue vénézuélien Hugo Chavez, qu'il rencontrera vendredi prochain à Caracas, tandis que leur voisin équatorien Rafael Correa refusait lui de se rapprocher de Bogota en raison de problèmes persistants.

Alvaro Uribe a annoncé que la Colombie acceptait la proposition d'Hugo Chavez de construire une voie ferrée pour relier leurs deux pays et s'est dit prêt à signer des accords sur les futurs trains lors de leur prochaine rencontre à Caracas, vendredi 11 juillet.

"Le président Chavez l'a proposé et nous l'avons accepté", a déclaré à propos du projet le chef d'Etat colombien lors d'une allocution retransmise à la télévision. "Nous voulons donner un très fort élan à tout le projet partagé par nos deux pays".

Il s'agira de la première rencontre en tête-à-tête entre les deux dirigeants depuis que les relations bilatérales se sont aggravées, fin 2007, avec comme point d'orgue de la crise le raid militaire colombien en territoire équatorien qui avait conduit le 1er mars à la mort du N°2 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et ouvert une grave crise diplomatique dans la région.

"Nous sommes déterminés à faire la paix et à nous accepter avec nos différences", avait pour sa part déclaré le maître de Caracas la semaine dernière.

Les relations entre les deux pays étaient entrées dans une nouvelle crise en novembre, lorsqu'Uribe avait décidé de mettre un terme à la médiation de Chávez avec les FARC en vue de la libération de leurs otages dans le cadre d'un échange humanitaire. Depuis le 7 mars et un sommet régional, les choses commencent à rentrer lentement dans l'ordre et les deux hommes se sont vus à plusieurs reprises, mais jamais en bilatéral.

Si Hugo Chavez et Alvaro Uribe, qui bénéficie du soutien des Etats-Unis, ont depuis amélioré leurs rapports, le président équatorien Rafael Correa a estimé en revanche samedi que l'attitude de son homologue colombien n'avait pas suffisamment évolué pour justifier un rapprochement.

"Nous subissons beaucoup de pressions pour renouer des relations avec la Colombie. Je ne comprends pas de quoi ils parlent", a déclaré Rafael Correa lors d'une allocution radiophonique hebdomadaire.

Saluant le succès de l'opération de sauvetage de 15 otages des FARC par l'armée colombienne cette semaine, il a néanmoins accueilli froidement la suggestion de l'ex-otage Ingrid Betancourt, ancienne candidate à la présidentielle colombienne, que l'Equateur et le Venezuela reprennent des relations cordiales avec Uribe.

"Très bien pour Ingrid Betancourt, mais qu'est-ce que cela a à faire avec la Colombie? Est-ce que cela efface le bombardement du 1er mars?", a-t-il lancé, ajoutant que son pays camperait sur sa position "tant que nous n'aurons pas de gouvernement décent avec qui traiter" en Colombie. AP

pf/v29/nc