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Nicolas Sarkozy a mis fin samedi à trois années d'isolement international pour le président syrien Bachar el-Assad, en affirmant sa volonté de renouer une "nouvelle relation" avec Damas. Dès septembre prochain, il sera le premier président depuis 2002 à se rendre en Syrie pour concrétiser ce revirement de la diplomatie française.
Reçu à l'Elysée samedi, Bachar el-Assad doit côtoyer dimanche 42 chefs d'Etat et de gouvernement européens et méditerranéens, dont le Premier ministre israélien Ehoud Olmert, réunis à Paris pour le lancement de l'Union pour la Méditerranée (UPM). Il assistera également lundi, dans la tribune officielle, au défilé du 14-Juillet sur les Champs-Elysées.
Parallèlement, la France a promis samedi de relancer les négociations en vue d'un accord d'association entre l'Union européenne et la Syrie, gelées depuis 2005. Entre Paris et Damas, c'est le "redémarrage d'une relation historique", expliquait samedi un proche de Nicolas Sarkozy.
Le président syrien sort ainsi de l'isolement dans lequel il se trouvait depuis la mise en cause de la Syrie dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri en février 2005. Le président Jacques Chirac avait alors gelé ses relations avec Damas et obtenu, via une résolution du Conseil de sécurité, le départ des troupes syriennes du Liban.
"C'est un choix politique important que j'ai fait", a souligné Nicolas Sarkozy en se tournant vers son hôte syrien lors d'une conférence de presse conjointe avec le président libanais Michel Sleimane et l'émir du Qatar Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani. "Je suis sûr qu'il sera à la hauteur de cette initiative et de cette confiance".
"La France doit être messager de paix" et pour cela "il faut avoir le courage de parler à tous et à tout le monde", a plaidé le président français, très critiqué pour avoir convié Bachar el-Assad au défilé du 14-Juillet. "C'est plus compliqué, mais c'est plus utile de tendre la main pour surmonter les divisions".
Les progrès politiques au Liban et l'ouverture de négociations indirectes entre la Syrie et Israël en mai dernier ont incité le président français à renouer le contact, qui semblait pourtant rompu en décembre dernier.
La France peut espérer y gagner un poids plus important dans la région. Bachar el-Assad a ainsi demandé "à ce que la France soit partie prenante le jour où des négociations directes (avec Israël) auront lieu, aux côtés des Etats-Unis, comme parrain", a expliqué le président français.
Avec la Syrie, "nous entamons de nouvelles relations", mais la "vitesse du développement de cette relation" dépendra "des preuves et des faits, d'un côté comme de l'autre", a-t-il toutefois averti.
Les "preuves" restent néanmoins à venir.
Après la constitution vendredi du gouvernement libanais, Nicolas Sarkozy a pu annoncer samedi la prochaine ouverture de discussions sur l'établissement de représentations diplomatiques syrienne au Liban et libanaise en Syrie. "C'est historique", s'est-il félicité.
Reste qu'aucun calendrier précis n'a été fixé. La Syrie est favorable à l'ouverture d'ambassades depuis 2005, a juré Bachar el-Assad. "Nous allons définir quels sont les pas à franchir pour arriver à ce stade", a-t-il ajouté.
"Naturellement il y a un certain nombre de questions juridiques qui doivent être réglées (...) qui expliquent quelques délais sur le chemin de cette réalisation", a concédé Nicolas Sarkozy. Mais on se voulait optimiste samedi côté français: "maintenant, ils veulent passer des déclarations aux actes", voulait croire un proche du président français. "Nous pensons que ça ne prendra pas beaucoup de temps", car désormais "il n'y a plus de prétexte" et "plus de raisons de retarder" pour Damas après la constitution du gouvernement libanais. Paris n'en fait toutefois pas une condition à la visite du président français à Damas.
Quant à d'éventuelles négociations directes entre la Syrie et Israël, elles ne se tiendront "pas avant l'arrivée d'une nouvelle administration américaine", a prévenu le président syrien.
Nicolas Sarkozy a affirmé samedi avoir évoqué la question des droits de l'Homme avec son homologue syrien "de façon très franche". Il lui a aussi demandé "d'aider à la résolution du problème iranien".
Les deux hommes n'ont en revanche pas évoqué le tribunal international chargé d'élucider l'assassinat de Rafic Hariri. "Le tribunal est sur les rails. La justice suit son cours". Dès lors, "c'est un non-sujet de la relation franco-syrienne (...) Il n'y a strictement rien à discuter, à négocier", a tranché un proche de Nicolas Sarkozy.
Le président français doit recevoir dimanche matin le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, puis le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Ehoud Olmert. Il donnera ensuite le coup d'envoi au Grand Palais du sommet de l'UPM, avec 42 autres chefs d'Etat et de gouvernement. AP
co/sb
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