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L'une des principales personnalités de l'opposition polonaise au régime communiste vient de disparaître. Bronislaw Geremek, figure clef du syndicat Solidarité, ancien ministre polonais des Affaires étrangères et député européen depuis 2004, s'est tué dimanche dans un accident de voiture, selon la police. Il avait 76 ans.
Les réactions ont afflué, nombreuses, pour rendre hommage à ce "symbole de la libération contre l'opression" et à cet homme qui "incarnait au plus haut les valeurs européennes".
D'après une porte-parole de la police de Wielkopolski, Hanna Wachowiak, M. Geremek est mort au volant d'une Mercedes dans une collision frontale avec une camionnette qui s'est produite au cours de l'après-midi près de la localité de Miedzichowo, dans l'ouest de la Pologne.
M. Geremek était l'un des plus proches conseillers de Lech Walesa et une figure importante de Solidarité, le syndicat qui a lutté contre le régime communiste polonais. Il a été ministre des Affaires étrangères de 1997 à 2000, et était député européen depuis 2004.
Né à Varsovie le 6 mars 1932, M. Geremek avait décroché un doctorat en histoire médiévale en 1960 à l'Académie polonaise des Sciences, où il était devenu plus tard professeur.
Il avait quitté le Parti communiste polonais en 1968, après en avoir été membre pendant dix-huit ans, afin de protester contre l'invasion de la Tchécoslovaquie pour écraser le Printemps de Prague.
Dans les années 1970, il était devenu l'un des représentants majeurs du mouvement d'opposition démocratique en Pologne, réclamant plus de droits et de liberté au régime communiste soutenu par Moscou. Il avait soutenu en 1980 la grève à Gdansk, qui avait ébranlé la Pologne communiste et donné naissance à Solidarité.
Lorsque les dirigeants communistes polonais avaient imposé la loi martiale le 13 décembre 1981, Geremek avait été incarcéré en compagnie d'autres représentants de Solidarité dont Lech Walesa, qui est devenu président de la Pologne entre 1990 et 1995.
Après la chute du communisme en 1989, Bronislaw Geremek avait été élu au Parlement polonais à la faveur des premiers élections libres sous l'étiquette de l'Union démocratique.
"La politique et la science polonaises ont perdu un grand homme", a estimé le Premier ministre Donald Dusk dans un communiqué.
Le président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso a pour sa part qualifié Bronislaw Geremek d'"Européen exceptionnel" et de "Polonais avec de fortes convictions". "Les générations futures se souviendront de Bronislaw Geremek comme d'un exemple d'esprit libre" et comme "l'un des plus puissants symboles de la libération contre l'oppression", a-t-il ajouté dans un communiqué.
A Paris, le président français Nicolas Sarkozy a fait part de sa "tristesse" et de son "émotion". Dans un communiqué diffusé par l'Elysée, il a tenu à "rendre hommage à cette grande figure de la construction européenne et de la réunification du continent et à dire son admiration pour le combat qu'il a mené au sein de Solidarité en faveur de la démocratie polonaise".
Assurant ses proches et le peuple polonais de la "solidarité du peuple français dans cette épreuve", il a salué "la mémoire de cet homme exceptionnel, parlementaire européen respecté, qui par son courage, son humilité et son engagement sans faille au service des droits fondamentaux a su incarner les valeurs fondatrices de l'idéal européen".
Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a également exprimé sa "profonde tristesse" en apprenant le décès de cet "ami de toujours". C'était "une grande conscience de la Pologne, l'un des grands intellectuels d'Europe centrale", a-t-il souligné dans un communiqué. Il a honoré la mémoire de cet "inlassable combattant de la liberté" et de cet "immense Européen, profondément attaché aux valeurs de l'Europe et incarnant ce qu'elle a de meilleur".
"Avec lui, la Pologne perd un grand homme d'Etat, l'Europe perd l'un de ses plus ardents défenseurs, et je perds un ami. C'est une figure historique qui s'en va", a de son côté déclaré l'ancien président français Jacques Chirac dans un communiqué. "Il était un homme de bien dont la vie entière a été tournée vers la recherche de la justice et de la paix", "il incarnait au plus haut les valeurs européennes". AP
mgh/v/cr/v-com
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