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actu & culture


PEKIN - dimanche 03 aout 2008 à 17h10

Pékin s'apprête à accueillir un raz-de-marée de visiteurs étrangers


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Dans les prochains jours, des centaines de milliers de visiteurs venant d'une centaine de pays vont affluer à Pékin pour les Jeux olympiques, alors que les ressortissants étrangers sont encore chose rare de nos jours dans certains quartiers de la capitale chinoise.

Dans une ville où plus de 90% des 17 millions d'habitants appartiennent à l'ethnie chinoise Han et où les autres sont issus de minorité d'apparence physique assez proche en général, de nouveaux types de visages et couleurs de peau ne passent pas inaperçus.

"Ce sera un échange culturel. Les étrangers vont faire l'expérience de la Chine et les Chinois vont en apprendre davantage sur les culture étrangères", se réjouit Liu Yiyuan, cordonnier de 60 ans au sourire édenté.

Pékin compte déjà plus de 1,1 million d'expatriés, qui suscitent diverses réactions de la population locale. Certains n'y prêtent pas attention, d'autres saluent parfois le passant étranger d'un "hello!" en anglais. Sur la place centrale et très touristique de Tiananmen, chevelures blondes et peaux sombres attirent les regards, occasionnellement les demandes de photo.

"Je vois bien que les gens me regardent. Je ne le prends jamais mal", explique Ryan Horne, Afro-américain originaire de Los Angeles, directeur d'un café dans le quartier branché de Sanlitun. "On va un peu vite à interpréter comme du racisme un certain de nombre de choses liées aux relations entre les races en Chine, mais je ne suis pas convaincu", poursuit le jeune homme de 25 ans, qui vit en Chine depuis six mois. "C'est une population très homogène qui a été très fermée aux monde extérieur. Ils sont curieux de tout ce qui ne leur ressemble pas, et c'est plus facile d'aligner des stéréotypes sur ce qu'on ne connaît pas."

Le gouvernement s'est mis en quatre pour accueillir les quelque 500.000 visiteurs olympiques prévus, même si ce nombre pourrait être fortement réduit étant donné les difficultés à obtenir des visas. Des milliers de chambres d'hôtels sont d'ailleurs encore vides.

Les cinq mascottes de ces Jeux forment par exemple ensemble la phrase "Bienvenue à Pékin". Les autorités ont distribué des guides de l'étiquette à respecter avec les étrangers -on ne demande pas l'âge ou le salaire-, et les services d'urgence ont été renforcés en personnel multilingue.

Bien que les Chinois aient absorbé des étrangers et leurs influences au fil des siècles, du nationalisme, et occasionnellement de la xénophobie, se manifestent parfois. Ainsi, Pékin et d'autres villes du pays ont récemment connu des manifestations anti-japonaises ou anti-françaises liées à l'actualité. Lors d'un coup de filet anti-drogue dans le quartier de Sanlitun l'an dernier, la police a surtout arrêté des Noirs et a été accusée de racisme et de brutalité.

Le patron d'un café de Pékin affirmait le mois dernier au "South China Morning Post" de Hong Kong que la police l'avait fait s'engager par écrit à ne servir pendant les Jeux du 8 au 24 août ni les Noirs, ni les Mongols, considérés comme proches des réseaux de prostitution. Les autorités et tenanciers locaux ont démenti.

Cela n'empêche pas les cultures occidentales et d'Asie orientale d'exercer une influence croissance sur la Chine, et cette dernière s'intéresse de plus en plus aux régions en développement, comme l'Afrique, estime le sociologue Barry Sautman, de l'Université de Science et de Technologie de Hong Kong. "Les préjugés sur les étrangers sont légion, le chauvinisme et le racisme loin d'être rares, mais en général les étrangers ne sont plus considérés comme bizarres ou suspects", ajoute-t-il.

Mais dans la ville méridionale de Canton, qui abrite l'une des plus fortes communautés africaines d'Asie, beaucoup se plaignent du racisme et de la discrimination ordinaires, de la présence policière. La plupart des Africains vivent dans le quartier de Hongqiao, surnommé "Chocolat Ville" par les chauffeurs de taxi, qui hésitent à prendre des clients noirs, les soupçonnant de ne pas pouvoir payer la course.

D'après Guan Jian, professeur de psychologie sociale à l'Université Nankai de Tianjin, les préjugés des Chinois sont pourtant davantage liés à la nationalité qu'à la couleur de la peau.

De toute façon, la tradition chinoise veut que l'on accueille chaleureusement l'étranger, et certains habitants sont impatients de voir arriver tous ces visiteurs. "C'est formidable pour nous que les étrangers viennent! C'est excellent pour les affaires", souligne Zhao Qiuhai, patron d'une épicerie dans un quartier commercial de Pékin. "J'ai appris quelques phrases simples en anglais pour les produits de mon magasin, comme le thé vert, la bière ou le Coca-Cola". "Oh", ajoute-t-il, "et un truc important: je peux vous aider?". AP

st/v15/sb




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