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Les soldats suisses ne monteront provisoirement plus la garde avec des fusils chargés. L'armée renonce à cette prescription en attendant les résultats de l'enquête sur une série de coups de feu involontaires survenus cette année. Les militaires en faction seront désormais équipés de sprays irritants. La Société suisse des officiers juge la mesure raisonnable.
Le spray irritant -le modèle RSG 2000, expérimenté avec succès durant l'Eurofoot 2008- sera introduit à large échelle comme alternative au recours à la force et aux moyens de contrainte, a précisé lundi le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS). Selon le DDPS, ce spray est facile à utiliser et le produit irritant ne cause pas de blessures permanentes.
Depuis le 1er janvier 2008 et l'introduction controversée de la garde avec arme chargée, huit départs de coups involontaires ont été enregistrés, dont deux à Bure et un à la place de tir Les Rochat. Personne n'a été gravement blessé, mais l'armée ne veut prendre aucun risque.
Pour des raisons de sécurité, le chef de l'Etat-major de conduite de l'armée Peter Stutz a ordonné que le service de garde soit provisoirement effectué avec une arme non chargée, c'est-à-dire avec le magasin introduit dans l'arme, mais sans balle engagée. Tel sera le principe en attendant les résultats détaillés des enquêtes sur les incidents. Cette mesure a été introduite d'entente avec le ministre de la défense Samuel Schmid et le chef de l'armée ad interim André Blattmann.
Cette règle ne sera cependant pas absolue. Le commandant conserve une marge de manoeuvre et pourra ordonner un service de garde avec arme chargée en fonction de l'évaluation de la situation sur place, a précisé Christoph Brunner, suppléant du porte-parole de l'armée. Mais il ne pourra le faire qu'en cas de menace concrète d'actes violents contre la garde.
Président de la Société suisse des officiers (SSO), Hans Schatzmann a qualifié lundi de sage la mesure adoptée, qui élargit la marge de manoeuvre du commandant et tient mieux compte du principe de proportionnalité. Le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) a également salué la décision, regrettant cependant qu'elle ne soit pas définitive et que l'armée agisse bien tardivement. Il a aussi vu dans l'introduction du spray irritant une nouvelle tentative de l'armée d'exercer des tâches policières. AP
ed/mi/S/cr
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