Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
La Chine est loin d'avoir rempli sa promesse d'améliorer son bilan en matière des droits de l'hommme dans la perspective des Jeux olympiques de Pékin en 2008, dénonce Amnesty International, qui exhorte le CIO à faire en sorte que la Chine respecte cet engagement.
Ce rapport rendu public jeudi énumère ces violations récurrentes, du recours extensif à la peine de mort aux persécutions subies par les militants des droits de l'homme en passant par la censure sur Internet. Il met aussi l'accent sur les évictions forcées de populations dans le cadre de la construction des sites olympiques.
Amnesty International exhorte donc le Comité international olympique (CIO) à "faire pression sur les autorités chinoises" pour la libération des prisonniers politiques et l'arrêt du recours à la peine capitale notamment.
A près de deux ans des JO, "il est prématuré de dire que la Chine n'a pas respecté ses engagements pour des Jeux réussis", a déclaré la porte-parole du CIO Giselle Davies. "Nous ne travaillons pas en faisant pression. Ca n'est pas notre méthode", a-t-elle ajouté.
L'organisation de défense des droits humains insiste notamment sur une contradiction: Pékin a promis que si elle obtenait les Jeux, ce serait une bonne chose pour les droits de l'homme. Liu Jingmin, à l'époque vice-président du comité de candidature de Pékin à l'organisation des Jeux déclarait en 2001: "En permettant à Pékin d'héberger les Jeux, vous aiderez au développement des droits de l'homme", rappelle Amnesty.
Mais le régime mène depuis trois ans sa campagne de répression de la dissidence la plus violente depuis 1989 et la répression du Printemps de Pékin. Outre les étudiants et mouvements religieux, le pouvoir s'en prend désormais également aux avocats militants, aux universitaires et à tous ceux qui utilisent Internet pour s'exprimer.
Les efforts menés à Pékin dans la perspective des Jeux, avec, outre la construction de nouvelles installations sportives, le "nettoyage" de nombre de vieux quartiers déshérités de la ville, ont aussi eu pour conséquence des violations des droits humains, ajoute Amnesty. Et de citer notamment le cas de Ye Guozhu, Pékinois victime d'une éviction forcée: pour avoir tenté d'organiser une manifestation de protestation, il a été torturé en détention, pendu du toit par les bras, frappé à la matraque électrique et mis aux fers.
En mai, ajoute Amnesty, qui dit craindre la multiplication des détentions arbitraires "sous couvert de nettoyer la ville", les autorités municipales ont évoqué la possibilité de pratiquer l'enfermement dans des camps de travail, sans jugement, pour garantir l'ordre à Pékin pendant les Jeux. La semaine dernière, responsables de la ville et experts ont discuté de la possibilité de chasser de Pékin nombre du million de travailleurs migrants s'entassant dans la capitale, et d'hospitaliser de force les malades mentaux pour la durée des Jeux. AP
nc/v
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|