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Le procès du dernier dictateur argentin, le général Reynaldo Bignone, et de cinq anciens généraux a débuté lundi pour enlèvements et meurtres sur la base militaire de Campo de Mayo, centre de tortures tristement célèbre.
Bignone est jugé notamment pour torture entre 1976 et 1978, avant qu'il ne devienne le président désigné de la junte militaire pour ces dernières années au pouvoir, entre 1982 et 1983.
C'est lui qui a protégé l'armée quand la démocratie est revenue en Argentine, en accordant l'amnistie à ceux qui avaient violé les droits de l'homme. Il avait ordonné la destruction de documents relatifs à la torture et la disparition d'opposants politiques, après avoir accepté de rendre le pouvoir au président élu Raul Alfonsin.
Les tribunaux et le congrès argentins ont annulé l'amnistie, et le président Cristina Fernandez a fait une priorité de juger les anciens responsables de la dictature. Bignone a été mis en examen en 2003 mais son procès ne débute qu'aujourd'hui.
Organisé dans un stade couvert pour pouvoir accueillir tout le public, le procès a accueilli les familles de victimes des disparus, notamment la co-fondatrice des Mères de la place de Mai Taty Almeida.
Pour cette femme dont le fils de 20 ans Alejandro avait été enlevé par les forces de sécurité et tué au Campo de Mayo, ce procès est historique. "Ils doivent au moins être condamnés à la prison à perpétuité, c'est ce qu'ils méritent pour leurs crimes abominables", a-t-elle déclaré à l'AP.
Ce procès devrait durer jusqu'en février prochain, a précisé Pablo Llonto, un des avocats des familles des victimes.
Selon un rapport officiel, au moins 13.000 personnes ont été tuées sous la dictature de 1976-83, mais des groupes de défense des droits de l'homme avancent le chiffre de 30.000. AP
ljg/v626
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