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Les détenus du bassin minier de Gafsa, condamnés après les troubles sociaux qui ont secoué en 2008 cette région du sud-ouest tunisien, ont été libérés mercredi soir à la faveur d'une mesure de libération conditionnelle, a-t-on appris jeudi de sources syndicales concordantes.
Cette mesure a été prise à l'occasion du 22e anniversaire de l'accession au pouvoir du président Zine el Abidine ben Ali, réélu le 26 octobre pour un cinquième mandat successif de cinq ans.
Selon le président du comité des prisonniers du bassin minier, Messaoud Romdhani, sont concernés une soixantaine de détenus, des syndicalistes et autres manifestants interpellés après des heurts avec les forces de l'ordre survenus en juin-juillet 2008 sur fond de protestations contre le chômage, la cherté de la vie et le népotisme.
Ils avaient été condamnés en février 2009 à des peines allant de deux à huit ans de prison ferme. L'armée était intervenue pour mettre fin à ces troubles qui ont fait trois morts.
Depuis, la centrale syndicale, l'union générale des travailleurs de Tunisie (UGTT) et plusieurs partis d'opposition et organisations de la société civile n'ont cessé de réclamer leur libération.
Selon le secrétaire général de l'Union régionale du travail de Gafsa, Naceur Laâjili, la plupart des détenus libérés ont déjà rejoint leur famille.
Les dirigeants du mouvement de protestation, dont Adnane Hajji, considéré comme leur porte-parole, ont rencontré jeudi à la mi-journée le patron de l'UGTT, Abdessalem Jrad, qui a fait de leur libération l'une des principales revendications de la centrale. Il a salué "le geste humaniste" du président tunisien et souhaité que les ex-détenus soient réintégrés dans leurs fonctions.
Tout en se félicitant de ces libérations, le mouvement Ettajdid (Le Renouveau, ex-communiste) estime que "l'assainissement du climat politique dans le pays commande qu'il soit mis fin au harcèlement et aux arrestations auxquels se heurtent les journalistes, les étudiants et les militants des droits de l'Homme en Tunisie". AP
xbb1/ir/st
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