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"Rapprochez vous! Cela vaut la peine!": au dernier jour de sa visite en Chine, Jacques Chirac s'est mué samedi en guide pour faire visiter à la délégation française les fosses qui entourent la sépulture du quatrième empereur de la dynastie Han, Liu Qi, à Xi'an, capitale de la province du Shaanxi.
Quelque 81 fosses de huit mètres de profondeur par 12 de large en moyenne ont été découvertes autour du tombeau de l'empereur Liu Qi (188-141 avant JC), qui, lui, n'a pas encore été ouvert par les archéologues.
Seules dix de ces fosses ont été exhumées pour l'heure et étaient présentées samedi au président français. La plus longue, qui n'a pas encore été fouillée, mesure 300 mètres de long. Toutes sont remplies de petites figurines en terre cuite, représentant des êtres humains autrefois habillés de vêtements en soie aujourd'hui disparus, et des animaux -cochons, chèvres, moutons, chats, ou chiens pour le repas de l'empereur dans l'au-delà, avec aussi des restes de sacrifices de véritables animaux. Les figurines ont été fabriquées une par une et "si vous regardez leur physionomie, il n'y en a pas une qui ait la même tête que l'autre", a souligné Jacques Chirac.
L'ensemble de la nécropole, qui comprend les tombes de l'empereur et de son impératrice et quelque 190 fosses selon les estimations des archéologues, couvre une surface de 20 kilomètres carrés. Ce sont quelque 30.000 objets funéraires qui ont été exhumés pour l'heure. Et "ça, ce n'est rien à côté de ce qu'il y a dans les tombeaux eux-mêmes", a assuré le chef de l'Etat.
Mais "on n'ouvre pas les tombeaux". Car "ce serait un désastre", a-t-il expliqué. Leur ouverture suppose en effet "des moyens très importants et ce serait imprudent" sans cela.
"Tant que c'est dans le sol, cela ne risque rien" et "ils seront ouverts au fil des temps, avec les moyens techniques, humains et financiers" nécessaires. Mais "quand ce sera ouvert, ce sera vraiment la huitième merveille du monde", a affirmé Jacques Chirac.
"Ils ont fait un travail fantastique", s'extasiait le chef de l'Etat, en tentant de montrer les reliques aux journalistes qui l'entouraient malgré un service d'ordre chinois tendu. La visite a d'ailleurs donné lieu à quelques tensions entre responsables chinois et membres de la délégation française, certains ministres ayant été bousculés par les services de sécurité.
Cette dynastie des Han a été baptisée "Han de l'ouest parce qu'ils étaient à Xi'an, et quelques années plus tard, ils sont passés à l'est" de la Chine, "alors on les appelle les Han de l'est", a expliqué Jacques Chirac, se faisant pédagogue. La dynastie des Han de l'ouest a compté 11 empereurs au total.
Ont fait la visite avec Jacques Chirac les ministres Dominique Perben (Transports), Philippe Douste-Blazy (Affaires étrangères) et Thierry Breton (Economie), ainsi que Jean-Pierre Raffarin. "Quand Giscard raisonne, c'est sur dix ans, Chirac raisonne sur l'humanité", s'est enthousiasmé l'ancien Premier ministre.
Le président français est en tout cas "l'un des cinq premiers spécialistes" français dans ce domaine, a affirmé Christian Deydier, président du syndical national des antiquaires. "Je lui ai montré un jour un bronze du XVIIe avant Jésus-Christ et tout de suite il m'a donné la date, la strate, tout".
"C'est un redoutable connaisseur", a-t-il ajouté. "Il devrait faire partie des grands professeurs et écrire un livre sur l'histoire de la Chine". AP
co/cov/jp
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