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actu & culture


TAMPERE, Finlande - lundi 27 novembre 2006 à 17h33

Echec des négociations avec la Turquie sur Chypre


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L'Union européenne a annoncé lundi l'échec des négociations avec la Turquie sur la question chypriote, rendant ainsi plus qu'incertaine l'issue des pourparlers avec Ankara sur son adhésion à l'UE.

La poursuite des pourparlers achoppe sur le refus d'Ankara de commercer avec la partie grecque de Chypre qui a rejoint l'UE en 2004. Jusqu'à présent, la Turquie a rejeté tout compromis, y compris celui présenté par la Finlande en octobre.

Le ministre finlandais des Affaires étrangères Erkki Tuomioja, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE jusqu'à fin décembre, a rencontré séparément lundi à Tampere ses homologues turc et chypriote, mais n'a fait état d'aucun progrès. "A ce stade, les circonstances ne nous permettent pas de poursuivre (...) et un accord ne peut être conclu sous notre présidence", a-t-il déclaré.

A Ankara, le ministre de la Justice Cemil Cicek, porte-parole du gouvernement turc, a estimé qu'il n'était "pas juste de torpiller les relations entre la Turquie et l'UE". "Il n'y a pas de raison de rompre les négociations. Chypre n'est pas une précondition à l'adhésion".

"Chypre a piraté l'UE", a accusé en Finlande Abdullah Gül, avant d'appeler les Vingt-Cinq à ne pas suspendre les négociations d'adhésion. "Donnez-nous du temps pour réformer, donnez-nous du temps pour changer", a-t-il poursuivi. "Ce sera un long processus. Nous ne deviendrons pas membres en une nuit".

Dans un premier temps, la Turquie avait une date-butoir fixée au 6 décembre, mais un délai supplémentaire de cinq jours a été accordé. Le chef de la diplomatie finlandaise a ajouté qu'il porterait l'affaire devant le prochain conseil européen des ministres des Affaires étrangères à Bruxelles le 11 décembre. Une décision finale sur l'avenir des négociations avec la Turquie sera alors entre les mains des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE qui se rencontrent les 14 et 15 décembre, également à Bruxelles.

Alors que Berlin a apporté son soutien à la candidature turque, la chancelière Angela Merkel a cependant expliqué qu'elle perdait patience vis-à-vis d'Ankara. Elle a rappelé la position de son parti, la CDU, qui était également la sienne quand elle était dans l'opposition: "il était juste et il est juste de proposer à la Turquie un partenariat privilégié plutôt que l'adhésion".

Erkki Tuomioja n'a pas fourni de détails sur ses discussions avec le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül et celui de Chypre, George Lillikas. Il a simplement reconnu que cela "aura inévitablement des conséquences" sur le processus d'adhésion, tout en affirmant que "la porte n'était pas fermée".

Chypre est divisée depuis 1974 et l'invasion de la Turquie. La partie sud de l'île est peuplée majoritairement d'habitants de culture grecque. Uniquement reconnu par Ankara, le Nord fait l'objet d'un embargo international depuis de nombreuses années.

Présentée en octobre, le compromis finlandais prévoit d'alléger les restrictions qui pèsent sur la partie turque de l'île, en échange de l'ouverture des ports turcs aux Chypriotes grecs. Mais Ankara refuse d'autoriser l'arrivée dans ses ports et aéroports de navires et avions chypriotes grecs tant que l'embargo international n'est pas levé. AP

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