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Le nouveau Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, dont la session inaugurale a lieu lundi à Genève, suscite espoir et crainte. L'espoir que cette instance fasse oublier la commission discréditée qu'elle remplace. La crainte qu'elle se révèle tout aussi inefficace, plusieurs pays accusés de violations des droits humains continuant d'y siéger.
Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan et le président de l'Assemblée générale de l'ONU Jan Eliasson seront tous deux à Genève pour ouvrir cette session de deux semaines, soucieux que ce nouveau conseil renforce le dispositif onusien de protection contre les abus en tous genres.
"Nous devons montrer au monde que le Conseil représente un nouveau départ dans l'action des Nations unies en faveur des droits de l'Homme", a expliqué M. Eliasson. Le ministre suédois des Affaires étrangères a mené les négociations qui ont conduit, en mars dernier, à la création de ce nouveau conseil.
La défunte Commission des droits de l'Homme avait perdu toute crédibilité ces dernières années avec les pratiques douteuses de certains pays au bilan particulièrement négatif en matière de droits humains, qui se servaient de leur statut d'Etat membre pour échapper à des condamnations.
La première session du Conseil des droits de l'Homme, qui se tiendra du 19 au 30 juin, vise à établir les règles qui régiront l'instance, notamment le mode et la fréquence des contrôles dans les 191 Etats membres de l'organisation mondiale.
Le nouveau conseil, qui compte 47 membres contre 53 dans l'ancienne commission, se réunira plus souvent que son prédécesseur et des sessions d'urgence pourront être convoquées en cas de crise.
De surcroît, le règlement prévoit désormais que tout membre se rendant coupable de "violations grossières et systématiques des droits de l'Homme" pourra être suspendu par un vote des deux tiers de l'Assemblée générale.
"Je suis convaincu que le conseil ouvrira un nouveau chapitre dans l'histoire du travail que mène l'ONU pour promouvoir et protéger les droits de l'Homme, et j'appelle chacun à participer à cet effort", a déclaré Kofi Annan.
La confiance du secrétaire général de l'ONU n'a pas suffi pour rassurer les organisations de défense des droits de l'Homme, qui s'inquiètent de la composition du nouveau conseil. Si l'Iran n'y figure plus, d'autres pays comme Cuba, la Chine, l'Arabie saoudite et la Russie ont obtenu un siège en dépit des violations multiples dénoncées sur leur territoire.
"Bien sûr que nous sommes inquiets", souligne Mariette Grange de l'ONG Human Rights Watch, qui constate cependant "une amélioration du fait de l'absence de certaines des nations au bilan désastreux en matière de droits humains". Une allusion à des pays comme le Soudan, le Zimbabwe, la Libye, le Congo-Kinshasa, la Syrie, le Vietnam, le Népal, le Sri Lanka, l'Erythrée et l'Ethiopie, qui étaient membres de l'ancienne commission et n'ont pas même brigué un siège au sein du nouveau conseil.
De l'avis de Peter Splinter (Amnesty International), l'action du conseil sera jugée sur pièces, et notamment sur les deux conventions -l'une sur les disparitions forcées, l'autre sur les droits des peuples indigènes- qu'il doit soumettre au vote de l'Assemblée générale dès sa première session. Si ces deux textes voient le jour, le conseil aura "prouvé qu'il peut se mettre au travail". AP
tl/v0147/mw
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