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actu & culture


STRASBOURG, France - mardi 12 decembre 2006 à 13h43

Le chef de l'opposition bélarusse reçoit le prix Sakharov des droits de l'homme


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Le chef de l'opposition bélarusse Alexandre Milinkevitch a vu son combat pour la démocratie récompensé mardi par le prix Sakharov pour les droits de l'homme, remis chaque année par le Parlement européen de Strasbourg.

Ce prix fondé en 1988 porte le nom du physicien Andreï Sakharov, l'un des dissidents les plus célèbres de l'époque soviétique, prix Nobel de la paix en 1975.

Milinkevitch s'était présenté sans succès en mars dernier contre le président Alexandre Loukachenko, devenu ainsi le symbole de l'opposition persécutée dans ce qui est considéré comme la dernière dictature d'Europe.

Il avait passé deux semaines en prison après la manifestation du 26 avril qui rassembla quelque 10.000 personnes, et à été à nouveau arrêté trois fois depuis. Milinkevitch a dédié son prix à son camarade dissident Alexandre Kozouline, lui toujours emprisonné depuis le printemps, et qui est dans un état critique après une grève de la faim de plus de 50 jours.

"Ce Prix n'est pas à moi seul", a déclaré Milinkevitch. "Avec moi, tous les Bélarussiens se voient attribuer ce Prix, tous ceux qui ont été en mars dernier sur la Place, jetés dans les prisons, expulsés des universités et des lieux de travail. Ce Prix est pour tous ceux qui continuent le combat. ", a-t-il lancé, le Parlement lui faisant une ovation debout.

Dirigeant le Bélarus d'une poigne de fer depuis 1994, Loukachenko a été réélu pour un nouveau mandat de cinq ans. L'UE a quasiment coupé les ponts, des sanctions financières sont imposées au régime ainsi qu'une interdiction de voyager à ses principaux dignitaires.

Saluant ces mesures, Milinkevitch a en revanche réclamé aux Européens de ne pas augmenter, comme c'est prévu, à 60 euros,le prix du visa pour les ressortissants de son pays.

"Pour la majorité écrasante des Bélarussiens qui ont un besoin énorme de contacts libres avec l'Occident, ce coût serait prohibitif. Suite à cette décision, un nouveau " rideau de fer " risque de s'ériger", a-t-il noté.

Milinkevitch était notamment en compétition pour ce prix avec la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, otage en Colombie depuis 2002, ou encore Ghassan Tuéni, père du journaliste et député anti-syrien Gébrane Tuéni assassiné au Liban.

L'année dernière, le Prix Sakharov avait été attribué conjointement aux Femmes en blanc qui réclament à Cuba la libération des prisonniers politiques, à Reporter sans frontières et à l'avocat nigérian des droits de l'homme Hauwa Ibrahim. AP

nc/v




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