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actu & culture


NAIROBI - mercredi 10 janvier 2007 à 14h27

Les Etats-Unis de retour en Somalie, avec des objectifs plus limités


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De retour en Somalie, les Etats-Unis gardent un très mauvais souvenir de leur intervention manquée dans ce pays d'Afrique de l'Est, qui s'était soldée en 1993 par la mort de 18 GI's. Leurs objectifs apparaissent cette fois plus limités.

L'aviation américaine a bombardé lundi et mardi des objectifs dans le sud de la Somalie, visant des combattants islamistes soupçonnés d'avoir participé aux attentats contre les ambassades des Etats-Unis au Kenya et en Tanzanie (225 morts) en 1998.

Les Etats-Unis étaient intervenus en Somalie il y a 14 ans dans le cadre d'une vaste opération humanitaire sous l'égide des Nations unies, pour aider des milliers de civils en proie à la famine, dans un pays déchiré par les affrontements entre clans. Les premiers soldats américains sont arrivés en décembre 1992.

Leur mission, assurer le maintien de la paix et s'opposer à un des principaux chefs de guerre locaux, tournera vite au cauchemar -dépeint dans le film "La Chute du Faucon Noir". En octobre 1993, des miliciens abattent un hélicoptère Blackhawk: 18 soldats américains meurent dans le crash et l'opération de secours engagée après l'attaque. Les images des cadavres américains, traînés par les miliciens, feront le tour du monde.

Bill Clinton, alors à la Maison Blanche, promet de ne jamais plus déployer de troupes si les intérêts américains ne sont pas clairement mis en jeu. Les derniers soldats américains quittent la Somalie en mars 1994, un an avant le départ des Casques bleus de l'ONUSOM.

Pendant longtemps, les Etats-Unis suivront de loin la situation en Somalie. Les attentats du 11 septembre 2001 changent la donne et Washington s'intéresse de nouveau à cette partie du monde, redoutant que la Somalie ne se transforme en base arrière du mouvement terroriste Al-Qaïda.

Des Marines sont déployés en 2002 à Djibouti, tandis qu'une Force conjointe d'environ 1.800 hommes est chargée de tâches de renseignement et de formation pour les militaires des pays voisins -notamment les garde-côtes au Yémen et au Kénya. La CIA a parallèlement poursuivi ses activités de renseignement, traquant en particulier le cerveau présumé des attentats de 1998, le Comorien Fazul Abdullah Mohammed.

D'après le secrétaire général de la présidence somalienne Abdirizak Hassan, cet homme de 32 ans a été tué lundi lors d'un raid américain dans le sud de la Somalie -information non confirmée à Washington.

Au cours des dernières semaines, le Conseil des tribunaux islamiques qui contrôlait une grande partie de la Somalie depuis l'été a été renversé avec l'aide des forces éthiopiennes, intervenues après des mois de consultations avec les principaux responsables militaires et diplomatiques américains. Des bâtiments américains ont également été déployés au large de la Somalie, pour empêcher la fuite ou l'infiltration de combattants islamistes et militants étrangers.

Les Etats-Unis demandent à présent la mise en place d'une force de maintien de la paix pour soutenir le gouvernement de transition, internationalement reconnu, du président somalien Abdullahi Youssouf. Cette force serait d'abord composée de soldats africains, puis de casques bleus, a déclaré mardi le haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, Javier Solana.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est de son côté déclaré "préoccupé" des risques d'"escalade" en Somalie après les bombardements américains en Somalie, "en dépit des motifs de cette action militaire". AP

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