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La crédibilité américaine en matière de défense des droits de l'Homme a été affaiblie par son traitement des terroristes présumés, et c'est désormais l'Europe qui devrait se porter en pointe sur ce dossier, a plaidé jeudi l'organisation Human Rights Watch (HRW).
Commentant le rapport annuel de l'ONG publié le jour du cinquième anniversaire de l'ouverture de la prison américaine de Guantanamo, le directeur général de HRW, Kenneth Roth, a même évoqué le "décès de la crédibilité américaine" en la matière.
Les Etats-Unis peuvent toujours parler de démocratie et de droits de l'Homme en général, mais "ils ne peuvent pas s'opposer" à la détention sans charge de terroristes présumés alors qu'ils la pratiquent eux-mêmes, a-t-il dit devant la presse. Dans l'introduction du rapport, il déplore "une énorme perte pour la défense des droits humains".
HRW et plusieurs autres grandes ONG internationales ont à nouveau protesté jeudi contre la détention, jugée illégale, de prisonniers sur la base américaine de Cuba. Au total, plus de 750 ressortissants d'environ 45 nationalités y ont été détenus, la plupart sans qu'aucune charge leur ne soit signifiée, dans des conditions extrêmement dures.
Selon Kenneth Roth, le gouvernement américain se trompe en affirmant qu'il peut arrêter et détenir en dehors de tout cadre judiciaire et sans limite de temps n'importe quel étranger se trouvant n'importe où dans le monde au motif qu'il serait un "combattant ennemi".
La torture et les mauvais traitements appliqués par les Etats-Unis découlent bien d'une "politique dictée par la tête" et non "d'une conduite aberrante de quelques spécialistes chargés des interrogatoires", a également dénoncé M. Roth. Il a surtout dénoncé la justification de la torture utilisée par la CIA, qualifiée par George W. Bush de technique d'interrogatoire "alternative".
Face à cette situation, l'Union européenne a la responsabilité de prendre la tête du combat en faveur du respect des droits, a-t-il souhaité, tout en regrettant l'incapacité européenne à parler d'une seule voix.
Human Rights Watch s'inquiète également de la détérioration "significative" de la situation en Chine l'an dernier, les autorités ayant décidé de répondre aux revendications sociales par un "contrôle plus strict de la presse, de l'Internet, des universitaires et des avocats".
La protection des droits a également reculé en Russie, où la journaliste Anna Politkovskaïa a été assassinée, dénonce HRW. Et en Egypte, le pouvoir a eu la main "lourde" contre les opposants politiques en prolongeant de deux ans les lois d'exception qui permettent des détentions sans inculpation et des procès devant des tribunaux militaires.
Israël est également accusé d'avoir violé les lois de la guerre en ne faisant pas la différence entre les combattants et les civils lors du conflit contre le Hezbollah.
Le rapport de HRW presse également le nouveau secrétaire général des Nations unies, le Sud-Coréen Ban Ki-moon, de s'engager fortement en faveur des droits de l'Homme. Lors de sa première conférence de presse depuis son entrée en fonction, ce dernier s'est prononcé jeudi en faveur de la fermeture de la base de Guantanamo. AP
lp/v/com/tl
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