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L'entrée en force de la Chine sur la scène africaine sera au menu jeudi après-midi des tables-rondes organisées dans le cadre du 24e sommet Afrique-France à Cannes, alors que Paris s'inquiète de l'influence croissante de Pékin.
Un premier sommet sino-africain s'est tenu en novembre 2006 dans la capital chinoise, où se sont pressés chefs d'Etat et de gouvernement. Le président Hu Jintao y a annoncé le doublement de l'aide chinoise à l'Afrique d'ici 2009, l'octroi de 3 milliards de dollars de prêts et de 2 milliards de dollars de crédits à des conditions préférentielles.
Les échanges commerciaux sino-africains ont quadruplé la décennie passée pour s'élever à 40 milliards de dollars (33 milliards d'euros) en 2005. Ils devraient dépasser les 50 milliards en 2006. Les Chinois se montrent en particulier intéressés par les matières premières africaines, dont ils besoin pour nourrir leur croissance. En 2005, Pékin a ainsi importé 38,3 millions de tonnes de pétrole africain, soit 30% de ses importations totales.
En janvier, Hu Jintao s'est lancé dans une tournée qui l'a conduit au Cameroun, au Liberia, au Soudan, en Zambie, en Namibie, en Afrique du Sud, au Mozambique et aux Seychelles. A chaque étape, il a été question de commerce, de promesses d'aide et de rééchelonnement de dettes.
Pour la France, cette implication chinoise est "porteuse de développement pour l'Afrique", selon le porte-parole de l'Elysée Jérôme Bonnafont. Toutefois, Jacques Chirac se veut "vigilant" sur des questions telles que "la dette ou l'exploitation des matières premières", souligne-t-il.
"Il ne faudrait pas que cela conduise les Chinois à investir en augmentant considérablement la dette sans tenir compte des exigences de bonne gouvernance", notait il y a quelques semaines, en marge d'un déplacement en Chine, le président français. "Il y a des règles à respecter si on ne veut pas retomber dans les excès du passé, qui sont ceux d'une mauvaise gouvernance."
De fait, si la Chine distribue des prêts à tour de bras, elle n'évoque que rarement la question de leur remboursement, ni n'exige de réformes économiques ou politiques en contrepartie. Elle coopère aussi bien avec le Soudan qu'avec le Zimbabwe, pourtant au ban de la communauté internationale. Seule condition imposée pour se voir accorder l'aide de Pékin: l'absence de liens avec Taïwan.
"Avec les pays asiatiques, c'est rapide et direct. L'Afrique n'a pas beaucoup de temps et cette coopération est la plus rapide", expliquait récemment le président sénégalais Abdoulaye Wade.
Dans ce contexte, la France souhaite "que la Chine use de son influence sur le plan politique", a rappelé le porte-parole du Quai d'Orsay Jean-Baptiste Mattei. Et de citer le cas du Soudan: "il est évident que la Chine a une influence importante et nous souhaitons que cette influence soit utilisée pour favoriser un règlement des crises, notamment au Darfour". AP
co/tl
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