Rechercher iBelgique
Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID :
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


PARIS - mercredi 14 mars 2007 à 04h01

Les défenseurs des droits de l'Homme toujours autant menacés en 2006



L'année 2006, marquée par l'assassinat de nombreux défenseurs des droits de l'Homme, aura vu la confirmation d'une tendance: le renforcement, au nom de la lutte aniterroriste, des arsenaux législatifs restreignant la liberté d'expression, par des Etats considérant la société civile indépendante comme une une menace.

Ce sont les principaux enseignements du rapport annuel publié mercredi par l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT).

En 2006, Thabet Hussein Ali, dirigeant syndical irakien, Gregorio Izquierdo Meléndez, responsable d'une organisation colombienne de défense des droits fondamentaux, ou encore Thares Sodsri, défenseur du droit à l'environnement en Thaïlande, ont payé leur engagement de leur vie.

"Mais ces drames ne représentent qu'une infime partie des 1.306 cas de répression à l'encontre de défenseurs" des droits de l'Homme recensés en 2006 par l'Observatoire dans près de 90 pays. Une liste d'ailleurs "non exhaustive".

En Asie, "des exécutions extrajudiciaires et disparitions forcées" ont été constatées en Afghanistan, aux Philippines ou encore en Thaïlande. Les défenseurs des droits de l'Homme font aussi l'objet de "multiples menaces et actes de harcèlement" au Cambodge, en Chine, Inde, Iran, Malaisie, Népal, Pakistan, Philippines, Corée du Sud, Sri Lanka ou Vietnam.

Par ailleurs, les "lois, restrictions et mesures d'urgence mises en place par de nombreux Etats asiatiques afin de lutter contre le terrorisme, de garantir la sécurité nationale ou d'encadrer les activités des ONG nuisent gravement au travail des défenseurs", note le rapport.

Au Maghreb et Moyen-Orient, les libertés d'association, de rassemblement et d'expression, hormis "quelques avancées, notamment au Koweït", restent "extrêmement restreintes, voire inexistantes" dans "d'autres pays du Golfe ainsi qu'en Libye". Des "lois très répressives sur l'état d'urgence restent en vigueur dans certains pays (Algérie, Egypte, Syrie), d'autres ont adopté de nouvelles législations liberticides, mises en place au nom de la lutte contre le terrorisme (Bahreïn, Jordanie)".

Les défenseurs des droits de l'Homme sont confrontés à des "formes variées de répression: assassinats (Irak), détentions arbitraires et poursuites judiciaires (Algérie, Bahreïn, Israël, Liban, Libye, Maroc, Syrie, Tunisie, Yémen), entraves à la liberté de mouvement (Israël et Territoires palestiniens, Syrie, Tunisie) et de nombreux actes de harcèlement".

Dans l'ex-URSS, plusieurs pays comme la Russie, le Bélarus ou l'Ouzbékistan ont mis en place des stratégies pour "durcir la législation nationale en matière de liberté d'association" afin de "mieux contrôler la société civile indépendante". Les libertés de réunion et de rassemblement pacifique "ont également été bafouées dans un grand nombre d'Etats" comme l'Azerbaïdjan, le Bélarus, la Russie, la Géorgie, le Kirghizistan et l'Ouzbékistan.

En Afrique, "de nouvelles restrictions législatives aux libertés d'association, d'expression et de rassemblement pacifique" ont été adoptées, "comme en Ethiopie ou au Nigeria, tandis qu'un nombre croissant de défenseurs ont fait l'objet de poursuites judiciaires, d'arrestations et de détentions arbitraires" en "Angola, Burundi, Cameroun", notamment.

En Amérique latine, "la défense des droits de l'Homme est restée en 2006 une activité à très haut risque". De nombreux assassinats, agressions, disparitions forcées ou actes de tortures ont été recensés au Brésil, en Colombie, au Guatemala, au Honduras, Mexique, Pérou et Venezuela. AP

ll/com/mw




Rechercher #iBelgique#