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actu & culture


PHNOM PENH - lundi 03 juillet 2006 à 13h56

Prestation de serment du nouveau tribunal cambodgien chargé de juger les Khmers rouges


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Vingt-sept magistrats ont prêté serment lundi à Phnom Penh pour encadrer un nouveau tribunal soutenu par les Nations unies, chargé de juger les dirigeants encore en vie des Khmers rouges, poursuivis pour génocide et crimes contre l'humanité.

Selon les historiens, le régime communiste du "Kampuchea démocratique" de Pol Pot est responsable de la mort de quelque 1,7 million de Cambodgiens entre 1975 et 1979, victimes d'exécutions, de tortures, de faim ou encore de maladies. L'invasion de l'armée vietnamienne, en 1979, marqua la fin du régime de Pol Pot, mort en 1998 dans la jungle sans avoir été jugé.

La prestation de serment des 17 magistrats cambodgiens et 10 étrangers dans l'enceinte du palais royal à Phnom Penh "efface les spéculations du passé qu'il n'y aurait pas de procès", a commenté Reach Sambath, porte-parole du tribunal.

Il a fallu de nombreuses années de négociations entre l'ONU et le gouvernement cambodgien, depuis 1999, pour mettre en place le tribunal, qui a connu en outre des problèmes de financement. Le Premier ministre Hun Sen a été accusé de faire intentionnellement obstacle à la création du tribunal pour ne pas embarrasser les ex-Khmers rouges qui soutiennent aujourd'hui le gouvernement.

Les magistrats se sont engagés à accomplir leur tâche avec "honneur, conscience professionnelle, honnêteté, intégrité, transparence et indépendance", sans "accepter ni chercher d'instructions de gouvernements ou toutes autres sources". Les premières audiences ne sont pas prévues avant 2007, à une date encore non fixée.

La plupart des anciens dirigeants khmers rouges, dont l'ancien président cambodgien Khieu Samphan et le principal responsable de l'idéologie Nuon Chea, vivent librement au Cambodge, notamment près de Pailin (nord-ouest), leur ancien fief le long de la frontière avec la Thaïlande.

Seuls deux anciens hauts responsables du régime sont actuellement détenus: Ta Mok, 82 ans, ex-commandant militaire, et Kaing Khek Iev, alias "Douch", qui fut chef de la prison S-21 de Phnom Penh, principal centre de tortures et d'exécutions du régime khmer rouge. Chum Mey, un rescapé du centre S-21, dénonce le caractère "lent et chaotique" du processus de création du tribunal.

"Ils n'auraient pas dû faire attendre des victimes comme moi si longtemps. J'ai déjà 76 ans et je ne sais pas combien de temps je pourrai attendre encore", dit-il. Nuon Chea se dit lui prêt à témoigner si on le cite à comparaître. "J'ai une responsabilité pour ce qui est arrivé, non pour les meurtres, mais pour ne pas avoir été capable de protéger mon propre peuple", reconnaît-il. AP

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