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Les élections générales anticipées censées mettre fin à la crise politique en Turquie auront bien lieu le 22 juillet. Après s'y être farouchement opposé, le principal parti laïc, le Parti populaire républicain (CHP), a finalement approuvé cette date jeudi, aux côtés du Parti pour la Justice et le développement (AKP).
Le parti au pouvoir disposant de la majorité au Parlement, l'opposition n'aurait pu empêcher le choix de cette date par l'assemblée. La commission électorale avait proposé mercredi l'organisation du scrutin le 22 juillet, une proposition approuvée dans la soirée par une commission parlementaire.
Le CHP s'était au départ dit défavorable à cette date, considérant que le scrutin législatif serait organisé en pleine période de vacances. "Ne créons pas davantage de chaos, alors que nous tentons de sortir du chaos", avait lancé Haluk Koc, un parlementaire du Parti populaire républicain. "Ne créons pas un nouveau conflit avec une élection tenue avec un faible taux de participation".
Le parti du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait accusé l'opposition de chercher à gagner du temps pour préparer sa campagne. "Vous vouliez un scrutin anticipé, et maintenant, vous n'êtes pas prêts", a lancé Salih Kapusuz, député pro-gouvernemental. Les élections étaient initialement prévues pour début novembre.
La crise a éclaté avec la désignation d'un proche d'Erdogan, le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül, comme candidat à la présidence. Ce dernier semblait assuré de l'emporter, mais l'opposition laïque a boycotté le vote au Parlement et porté l'affaire devant la Cour constitutionnelle. Celle-ci a invalidé le scrutin au motif que le quorum de 367 voix n'avait pas été atteint.
Recep Tayyip Erdogan, sous pression depuis des manifestations massives pro-laïcité, espère que des élections anticipées permettront de désamorcer la crise, même si elles constituent un pari risqué pour lui: les partis laïcs pourraient en effet faire front commun et obtenir une majorité au Parlement.
Une majorité de Turcs sont musulmans. Mais la laïcité est inscrite dans la Constitution et farouchement défendue par l'armée, qui a mis en garde contre l'islamisation du pays et a réaffirmé sa volonté d'agir en tant que "défenseur absolu de la laïcité".
L'AKP compte organiser un nouveau vote présidentiel dimanche, mais a indiqué qu'il abandonnerait le processus si le quorum n'était pas atteint une nouvelle fois. M. Gül, dont l'épouse porte le foulard islamique, a refusé de retirer sa candidature. AP
ir/v/nc
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