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Malgré un rapport accablant sur sa gestion de la guerre au Liban, une avalanche d'appels à sa démission, une popularité en berne et une manifestation de masse la veille demandant son départ, le Premier ministre israélien Ehoud Olmert continuait vendredi à s'accrocher à son fauteuil.
Il semble toutefois que le plus dur soit encore à venir pour lui. Le Parti travailliste pourrait bientôt quitter sa coalition, la commission qui a fustigé sa conduite de la guerre publiera un rapport final cet été qui promet d'être encore plus critique, et il est concerné par une série d'enquêtes sur des affaires de corruption.
Depuis la publication du rapport sur la guerre au Liban lundi, M. Olmert, 61 ans, a démontré son instinct de survie politique qui a fait sa réputation, rassemblant autour de lui la plupart des députés de son parti centriste Kadima et se montrant plus fin tacticien que sa ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, qui avait demandé son départ.
Et la manifestation de masse jeudi soir à Tel Aviv, où quelque 100.000 Israéliens se sont rassemblés place Yitzhak-Rabin pour réclamer son départ, ne devrait pas être suffisante le pousser vers la sortie.
Reste qu'à l'issue des élections primaires du Parti travailliste prévues ce mois-ci, le nouveau chef de cette formation de centre-gauche pourrait bien décider de quitter la coalition, et ainsi priver M. Olmert de majorité au Parlement.
Le rapport de la commission Winograd, qui a éreinté M. Olmert sur sa gestion de la guerre dans un rapport publié lundi, porte sur les cinq premiers jours du conflit, qui s'est déroulé durant les mois de juillet et août 2006. Le rapport final, attendu cet été, examinera les 29 jours suivants, période durant laquelle M. Olmert a pris les décisions les plus controversées, notamment celle d'envoyer des troupes au sol pour une bataille majeure aux résultats contestés qui avait coûté la vie à plus de 30 soldats.
Selon ses collaborateurs, le ministre de la Défense Amir Peretz, également la cible de critiques cinglantes du rapport Winograd, pourrait bientôt démissionner, comme l'a déjà fait le chef d'état-major de l'armée, le général Dan Haloutz. M. Olmert serait alors soumis à une pression accrue.
"Nous sommes au début d'une ère de séismes (politiques)", prédit Abraham Diskin, professeur de sciences politiques à l'université hébraïque de Jérusalem.
Le sort de M. Olmert apparaît étroitement lié à celui de deux anciens Premiers ministres, Benyamin Nétanyahou et Ehoud Barak. Le premier, un "faucon", pourrait l'emporter en cas de nouvelles élections, ce qui explique la réticence des partenaires de la coalition de M. Olmert à l'abandonner.
M. Barak est de son côté le favori des primaires travaillistes. Et la meilleure chance de M. Olmert de rester au pouvoir pourrait être de le persuader de rejoindre son gouvernement, peut-être en remplacement d'Amir Peretz à la Défense, selon les observateurs. AP
lma/v419/st
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