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Voici une sélection de quelques ouvrages parmi les dernières parutions:
ROMAN
"L'enfant élu"
Galsan Tschinag
Au XVIIIe siècle, la Chine impériale décide d'annexer les territoires mongols occupés par les populations touvas. Elle se sert du bouddhisme et de l'installation de couvents pour ancrer sa domination et contrôler les tribus animistes du Haut Altaï. La chamane hurle sur la steppe son désespoir de n'avoir pas su sauver la jeune femme en couches. L'enfant né dans ces circonstances dramatiques, le petit Hyyin, est enlevé par de mystérieux étrangers dont toute la tribu pense que leur raffinement et leur richesse sont la preuve qu'il s'agit de dieux. Elevé en Chine, il est destiné à être un des instruments de l'annexion de la Mongolie. A 18 ans, le conseiller de l'empereur le renvoie avec le titre de prince chez les nomades, marié à une jeune Chinoise, elle aussi élevée pour son rôle, et accompagné d'une suite et de sa nourrice chinoise, qui va se révéler pleine de ressources et d'intuition politique. Le jeune prince est reconnu et accueilli chez lui comme l'enfant élu par le destin et va devenir le chef de la résistance à l'invasion chinoise. Au terme de l'aventure, il aura fédéré les tribus, créé un contre-pouvoir religieux, connu un grand amour et séduit tous les lecteurs. L'auteur, qui est né en 1944 dans une famille d'éleveurs nomades touvas en Mongolie occidentale, a passé sa jeunesse dans les steppes du Haut-Altaï, aux confins de l'Union soviétique. Après son bac à Oulan-Bator, bénéficiant des programmes de coopération entre les pays communistes, il a la possibilité d'étudier la linguistique à Leipzig et écrit soit en mongol soit en allemand. Galsan Tschinag, qui se consacre aussi à la protection des coutumes de son peuple, menacées par les dangers de la modernisation, nous donne ici un roman plein de vie et de finesse, avec des personnages attachants qui nous font pénétrer dans des psychologies et des analyses du monde déroutantes et très justes.
Ed. Métailié -Bibl. allemande- (traduit de l'allemand -Mongolie- par Isabelle Liber; 318 pages; 20 euros)
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LITTERATURE
"Vie et aventures de Salavin"
Georges Duhamel (de l'Académie française)
Après la "Chronique des Pasquier" à consonance plus ou moins autobiographique, Omnibus nous gratifie de l'intégrale de "Vie et aventures de Salavin": cinq romans et une nouvelle qui s'y rattache, parus entre 1920 et 1932. L'édition de ce chef-d'oeuvre est complétée par le texte de l'écrivain sur sa longue coexistence avec son personnage: "Vie et mort d'un héros de roman", et une préface d'Antoine Duhamel. En cette année 1920, le docteur Duhamel, médecin juste rentré du front, prix Goncourt 1918 pour "Civilisation", publie "Confession de minuit", dont la première ligne: "Je n'en veux pas à M. Sureau" fait partie de ces phrases qui vous marquent comme le "Longtemps je me suis levé de bonne heure" de Proust. C'est que cet être authentique -qui n'est le portrait de personne-, rappelle l'auteur, n'en est pas moins un "homme éternel" en ce sens que nous pouvons tous retrouver en lui une part de nous-mêmes. "Vie et mort d'un héros de roman", par quoi il serait bon de commencer la lecture de l'ouvrage, nous éclaire d'ailleurs sur ce point. Salavin, dont on fait la connaissance dans "Confession de minuit", puis que l'on suit dans "Nouvelle rencontre de Salavin", "Deux hommes", "Journal de Salavin", "Le Club des Lyonnais" et "Tel qu'en lui-même", est l'homme des "aventures intérieures", et son histoire, en gros, est celle d'un échec. Mais il y a tant d'humanité dans ce destin, qu'on ne peut s'empêcher de penser qu'avec ce personnage, né de la plume d'un des plus grands stylistes de son temps, c'est bien le premier héros de ce XXe siècle qui vient de naître dans la plus grande des douleurs.
Ed. Omnibus (807 pages; 25 euros)
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ROMAN
"Pour l'amour de Blanche"
Gérard Jaeger
Romancier, historien, essayiste, l'auteur, lauréat du Prix du Yacht Club de France avec "Americas Cup: une histoire" (1851-2007)" L'Archipel (2006), et à qui l'on doit de nombreuses biographies consacrées aux aventuriers de la mer, découvreurs, pirates et corsaires, nous gratifie, avec ce premier roman aux Presses de la Cité, d'une épopée, inspirée d'une histoire vraie, portée par le souffle et les embruns du grand large. En 1920, un jeune homme de Pont-Aven Constantin Lanvenec, s'embarque pour une périlleuse navigation: une expédition de chasse qui le conduira du Havre jusqu'à l'île Saint-Paul, terre oubliée des hommes aux confins des mers du Sud Poussés par la misère, plusieurs enfants du pays sont du voyage, et Constantin, pour sa part, espère faire fortune pour pouvoir épouser la douce, belle et fortunée Blanche Quentin, promise à un destin doré. Au cours d'une nuit de tempête, on découvre Louise, une femme qui s'était glissée à bord. Elle va bientôt défier les certitudes amoureuses de Constantin qui n'échappe pas à sa fascination. Il lui faudra bien choisir! Mais avant de retrouver les jardins de son enfance, Constantin connaîtra l'enfer que savaient si bien décrire les vieux marins de Pont-Aven. Un roman initiatique qui entraîne le lecteur dans l'équipée fantastique des "damnés de Saint-Paul".
Ed. Presses de la Cité (429 pages; 19,50 euros)
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ROMAN
"Le dernier voyage"
Bruno Poissonnier
Raymond a 67 ans. Marinier, veuf et solitaire, il parcourt les canaux au gré des chargements confiés à son bateau, "Le Gueule d'amour", magnifique péniche des années 30. Ce jour-là, à la Bourse de Conflans, il a accepté un fret précieux et bien payé, passant devant deux frères propriétaires de bateaux neufs et rapides. Le voilà parti avec son chargement pour Arles et, au gré des difficultés du voyage -orages et mauvais tours joués par ses deux concurrents-, aiguillonné par l'orgueil d'arriver à temps pour sa livraison, il revoit sa vie ancienne le long des canaux avec sa femme et son fils, dont il ne sait plus rien; une vie qu'il va finir à la barre. Né en 1956 et père de deux enfants, l'auteur vit actuellement dans le Lot. Après une enfance campagnarde en Vendée il a été apiculteur puis batelier. Son roman, sensible et émouvant, hors des modes, va à l'essentiel avec une tendresse palpable pour son protagoniste et un grand talent pour raconter les paysages naturels et humains. Il a été publié pour la première fois aux Editions Dupont & Savin en 2003.
Ed. Metailié -Suite française No 138- (124 pages; 7,50 euros)
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DOCUMENT
"Dans le coeur de Pablo Picasso": amitié, modèle et passion
Geneviève Laporte
Le 27 juin 2005, l'auteur, écrivain, poète et cinéaste, biographe de Picasso la plus traduite dans le monde, dont les poèmes furent illustrés par Picasso, Cocteau, Brayer, disperse lors d'une vente à Artcurial la collection de 20 portraits dessinés par Picasso. Cet événement eut un écho international dans la presse et le monde de l'art, dans la mesure où il s'agissait d'oeuvres longtemps inconnues représentant ce qui fut nommé par le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg "l'époque tendre", unique dans la vie de l'artiste. Ici, Geneviève Laporte de Pierrebourg, très engagée dans la protection de la nature, raconte le dernier amour de Picasso. Elle fut en effet celle qui comme il le lui confia-, fit flamber la dernière bûche. Dans une préface inédite, elle nous fait vivre à sa façon ces enchères, mêlant l'histoire des dessins désormais éparpillés à travers les collections et les musées du monde, à des confidences au jour le jour sur Pablo. Revivent également à travers ces pages, Cocteau, Eluard, Prévert et bien d'autres amis qu'elle eut la chance et le bonheur de côtoyer. Lumineux! Cette femme sensible, qui dit tout devoir à la nature et aux animaux, leur a dédié les sommes recueillies au cours de la vente des dessins, avec la création d'une fondation qui porte son nom, sous l'égide de la Fondation de France. Un régal!
Ed. du Rocher (Deux cahiers hors-texte de photographies de huit pages; 209 pages; 18 euros)
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TEMOIGNAGES
"Héroïnes françaises, 1940-1945": Courage, force et ingéniosité
Monique Saigal
L'auteur, une enfant juive cachée, recueillie par une famille catholique en 1942, a voulu lui rendre hommage, ainsi qu'à sa grand-mère Rivka Leiba, gazée à Auschwitz. Avide de découvrir les secrets d'autres résistantes, dont Lucie Aubrac, elle a parcouru plusieurs régions de France, et s'est rendue en Suisse et en Californie pour écouter leurs récits. Elle rapporte ici dix-huit témoignages qui nous mettent de plain-pied dans cette période de terreur si particulière où les femmes ont osé s'affirmer par la force et l'ingéniosité. Porte-parole de la France libre, Maurice Schumann a en effet déclaré sur les ondes, à Londres en 1943, que "pour la première fois dans cette guerre (la femme) a donné des centaines de milliers de combattantes". Mais cet ouvrage, que les jeunes d'aujourd'hui en quête de sens à donner à leur vie devraient lire, pose aussi deux questions essentielles que soulève Henri Weill dans sa préface: "Est-ce que certaines souffrances peuvent trouver une fin? Le pardon, cette sinistre plaisanterie comme l'affirmait Vladimir Jankélévitch, n'est-il pas mort dans les camps?". AP
Ed. du Rocher -"Esprits libres"- (220 pages; 17 euros)
ryq/se/mw
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