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actu & culture


PARIS - dimanche 11 novembre 2007 à 12h00

Le zapping de la semaine



Le 23 octobre dernier, à l'occasion du vote au conseil de sécurité de l'ONU de la résolution 1325 condamnant la violence à l'égard des femmes dans les conflits armés, plusieurs représentants ont fait mention de la situation catastrophique à cet égard de la province du Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), déjà ravagée par la guerre civile.

Un tiers des femmes de cette province auraient été violées, selon Bert Koenders, ministre de la Coopération et du développement des Pays-Bas, "horrifié" par un récent voyage. Les victimes se comptent par "centaines de milliers" depuis deux ans, dont 25.000 au Sud-Kivu rien qu'en 2006, d'après le Représentant spécial adjoint de l'ONU en RDC, Ross Mountain.

Le documentaire de la réalisatrice allemande Susanne Babila, "Le viol, une arme de guerre au Congo", permet de passer des mots aux images. Il atteste d'une situation où la Monuc (Mission des Nations Unies au Congo) reste impuissante, où les aides médicales et psychologiques sont insuffisantes, et où les suites judiciaires semblent inexistantes en dehors du recensement des victimes.

La présence de minerais rares (or, mais aussi coltan et cassitérite qui entrent dans la composition des téléphones portables) avivent les trafics illicites et la circulation de divers groupes armés.

Le groupe "Rasta" qui oeuvre pour le compte des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), les FDLR elles-mêmes, et parfois des hommes de l'armée (FARDC) et de la police congolaises, sont désignés comme les auteurs présumés de ces viols systématiques, quand ils ne s'accompagnent pas de meurtres d'enfants ou d'enlèvements.

Eclairé par quelques (et peut-être insuffisantes) interviews (un journaliste, un responsable de la MONUC, un médecin) sur les tenants et les aboutissants d'un tel fléau, le film est centré sur quelques témoignages parmi les nombreuses victimes soignées à l'hôpital de Bukavu. Et comme si cela ne suffisait pas, ces femmes de tous âges (et même des enfants), parfois esclaves sexuelles pendant plusieurs années, physiquement mutilées, stériles ou atteintes du sida, psychologiquement détruites, endurent aussi le rejet de leurs proches ou de leur communauté. AP

- "Le viol, une arme de guerre au Congo", Arte, jeudi 22h15

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PARIS (AP) -- Alors qu'un documentaire sur Klaus Barbie sort actuellement sur grand écran, un documentaire et une fiction, à la télévision, s'attaquent au cas de René Bousquet. Secrétaire général de la police de Vichy, il porte la responsabilité des accords passés avec les officiers nazis pour que les "apatrides" juifs allemands, adultes et enfants, y compris de la zone libre, leur soient livrés.

Mais après la guerre, son procès, tardif en 1949, et ses appuis politiques, lui permettront d'être blanchi et de refaire sa vie dans le privé au sein de la banque d'Indochine.

Ce n'est qu'en 1978, que l'ancien commissaire aux questions juives de Vichy, Louis Darquier de Pellepoix, exilé en Espagne, révèle dans une interview négationniste, que Bousquet est le véritable organisateur de de la rafle du Vélodrome d'Hiver (16-17 juillet 1942). A la veille de son procès pour crimes contre l'humanité, en 1993, René Bousquet est assassiné par un "déséquilibré", Christian Didier.

Bien que manquant de pédagogique et de clarté, le documentaire, avec de bonnes images d'archives et des interlocuteurs intéressants (le "chasseur de nazis" Serge Klarsfeld, une rescapée du Vel' d'Hiv'...) permet de comprendre les périodes clés de la vie de René Bousquet et pourquoi il fut si longtemps protégé: ses réseaux et ses appuis toulousains chez les radicaux-socialistes, son amitié avec François Mitterrand. Complémentaire, la fiction d'Arte, où Bousquet est incarné par un Daniel Prévost parfait, se concentre sur la période des années 70 jusqu'à sa mort. Peignant sans manichéisme le portrait de l'ex-fonctionnaire trop zélé, elle traite surtout, au travers de celui-ci, des "arrangements" de l'Etat français, qui, au nom de la "réconciliation nationale", n'a pas voulu faire face pendant longtemps à son Histoire. AP

"René Bousquet ou le grand arrangement", Arte, vendredi, 20H40 "L'Enigme René Bousquet", France-3, vendredi 23H25

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PARIS (AP) -- Décidément inspirée par la période de l'après-guerre, la télévision propose aussi cette semaine "Le Lien", plusieurs fois primé au festival de la Fiction TV de La Rochelle. Le téléfilm évoque le dilemme, en 1959, d'une femme juive rescapée, qui comprend qu'une de ses élèves, est en réalité sa petite-fille enlevée à Bordeaux par un chef milicien lors de la rafle qui a emporté toute sa famille. A-t-elle le droit de tout lui révéler et faire s'effondrer son univers, construit sur le mensonge de ses parents d'adoption? D'une réalisation plutôt sobre mais réaliste, porté par les acteurs (Marthe Keller et Jacques Spiesser, récompensés tous les deux pour leur rôle), le film pose encore, cette fois dans le cadre familial, le choix crucial entre la vérité -au risque de raviver les plaies du passé-, et le silence -pour le "bien" de la "France qui regarde vers l'avenir". AP

"Le Lien", France 3, jeudi 20H55

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PARIS (AP) -- Encore un énième reportage sur le travail de la police? Celui-ci n'est pas si courant puisque consacré au fameux 36, quai des Orfèvres, pour deux volets, l'un sur la brigade de répression du proxénétisme, l'autre sur la brigade de protection des mineurs. Le premier s'attache à montrer les nouveaux visages de la prostitution, notamment depuis la loi de 2003 sur le racolage passif, avec quelques histoires banales et une autre qui l'est moins, avec un couple belge organisateur de "gang-bang" payant, comme il en pullule sur internet. Le second documentaire, mieux rythmé, plus pédagogique, met en lumière une fonction plus sensible, car elle traite des violences faites aux enfants (viol entre mineurs, inceste, pédopornographie...). Une affaire d'exploitation de mineurs pour des vols dans le métro montrent les limites du travail des policiers, puisque, en arrêtant leurs parents, ils bousculent la vie des enfants. AP

"36, Quai des orfèvres", France 3, 20H55

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PARIS (AP) -- La "semaine anglaise" sur Canal+ commencée samedi, se poursuit lundi avec la ballade du délirant Antoine de Caunes dans la capitale britannique, avec chapeau melon et parapluie. Il y explore les coutumes et les avant-gardes sous prétexte de savoir si Londres sera bien la "capitale du XXIe siècle" (sous-entendu, en comparaison avec Paris). L'occasion de remuer les clichés et les vieux sujets de conflit entre les Rosbifs et les Froggies. Tout y passe ou presque: cuisine, télévision (l'occasion d'une rencontre avec Franck Dubosc, qui a fait, le saviez-vous, ses débuts dans Coronation Street!), art contemporain, mode, excentricité (celle britannique est légendaire!), football, militantisme pacifique ou homosexuel, femmes, et bien sûr musique. Un inventaire rapide mais divertissant, traité sur le mode comique et absurde, avec le renfort de quelques acteurs français. AP

"Allons donc à London", Canal +, lundi, 20H50

lat/sb