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actu & culture


PARIS - lundi 10 decembre 2007 à 12h00

"Bee Movie, drôle d'abeille": on ne prête qu'aux ruches



Après les fourmis, les rats ou les renards, une autre espèce animale utile à l'homme mais pas appréciée à sa juste valeur est enfin réhabilitée au cinéma: avec "Bee Movie, drôle d'abeille" (ce mercredi sur les écrans français), les faiseuses de miel tiennent la vedette et emportent l'adhésion du public.

C'est le comique américain Jerry Seinfeld qui a écrit le scénario de ce film d'animation des studios DreamWorks (à qui l'on doit notamment "Fourmiz", "Shrek", "Chicken Run", "Gang de requins", "Madagascar" ou "Souris City") et prête sa voix au personnage principal, l'abeille mâle Barry B. Benson (c'est Gad Elmaleh dans la version française).

Avec son copain Adam, Barry vient de réussir son bac et entre dans le monde du travail, chez Honex, du groupe Honesco (en anglais, miel se dit "honey"), société dont le but est simple et unique: fabriquer du miel.

Touilleur, décrasseur, cireur, inspecteur, ouvrier, coordinateur, réceptionniste, testeur, lisseur d'antennes: les métiers ne manquent pas dans la ruche. Mais il faut bien choisir dès le début: on fait le même job toute sa vie. Et pas de RTT ou de régime spécial de retraite malgré les cadences infernales: il n'y a qu'un seul jour de congé en 27 millions d'années...

"On est la société la plus performante du monde", se réjouit Adam. "Oui, mais cela ne tourne-t-il pas trop rond?", s'interroge Barry. Qui, poussé par la curiosité, décide de sortir de la ruche et d'aller voir dehors s'il y a une vie au-delà du bon et du miel. Pour cela, une seule solution: s'engager chez les Apollons, c'est-à-dire les guerriers bourdons qui protègent l'espèce.

Voici donc Barry au sein d'une mission de reconnaissance dans Central Park, pour sa première sortie. Une escapade qui va vite virer à la grande aventure: la découverte du monde extérieur, de la pluie, des dangers, des fleurs et des balles de tennis, des êtres humains. Isolé, il se retrouve dans l'appartement d'une jeune et jolie fleuriste, Vanessa, qui lui sauve la vie.

Et là, il enfreint la Règle: il parle à la jeune femme. Une abeille qui parle! Une fois la stupeur de Vanessa passée, l'amitié s'installe entre eux. Barry retourne à la ruche, déjà amoureux, et bien décidé à revenir.

Mais quand il ressort de la ruche et retourne voir Vanessa, c'est pour s'apercevoir que les humains MANGENT ce qui constitue la raison d'être des abeilles, ce qui fait leurs maisons, leurs routes, leurs ponts, leurs piscines, leur univers: le miel. Et tout cela sans rien payer: "elles butinent, et à nous le butin" ("They make the honey, we make the money"), disent les "méchants" apiculteurs.

Avec l'aide de Vanessa, Barry décide donc rien moins que d'intenter un procès à l'humanité pour utilisation abusive de leur miel sans contrepartie...

L'anthropomorphisme est ici poussé à l'extrême, avec une ruche qui ressemble à la société humaine, et les deux mondes qui finissent par communiquer. Mais l'idée de départ est plutôt originale, et exploitée ensuite avec beaucoup d'humour grâce à des personnages bien typés: parmi d'autres, la rencontre de Barry avec un moustique roublard est hilarante.

Certains gags ou allusions (les apparitions version abeille des personnages de Larry King, Sting ou Ray Liotta) montrent bien que ce dessin animé s'adresse autant aux adultes qu'aux enfants et s'inscrit donc dans la lignée des plus réussies des productions de DreamWorks, qui confirme ainsi son savoir-faire. AP

med/mw




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