Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
Les histoires de famille sont parfois lourdes de non-dits, suscitant des querelles intestines souvent difficiles à surmonter. Il faut parfois un événement tragique, comme la maladie, pour rassembler parents, enfants et petits-enfants. C'est le thème d'"Un conte de Noël" (ce mercredi sur les écrans français), un psychodrame, toutefois non dénué d'humour, qui figure parmi les trois films français présentés en compétition au 61e Festival de Cannes.
Junon (Catherine Deneuve) est atteinte d'une leucémie. Une greffe de moelle, donnée par un de ses descendants, est la seule manière de la sauver. Plusieurs membres de la famille s'avèrent être compatibles, et Noël leur donne l'occasion de se retrouver. Car depuis plusieurs années, toute réunion familiale était devenue impossible en raison du refus d'Elizabeth (Anne Consigny), la fille aînée de Junon, de revoir son frère Henri (Mathieu Amalric), à qui elle voue une haine dont l'origine reste assez mystérieuse.
Ivan (Melvil Poupaud), le benjamin, tente de recoller les morceaux, tout comme leur père, Abel (Jean-Paul Roussillon), qui s'inquiète également pour son épouse.
Claude (Hippolyte Girardot), le mari d'Elizabeth, Paul (Emile Berling), leur fils, Sylvia (Chiara Mastroianni), la femme d'Ivan, Faunia (Emmanuelle Devos), la nouvelle compagne d'Henri, et Simon (Laurent Capelluto), le neveu de Junon, essayent tant bien que mal de trouver leur place dans cette famille sur laquelle plane un drame: la mort d'un enfant. Joseph, le fils aîné d'Abel et Junon, avait succombé à une maladie génétique rare, un décès jamais totalement surmonté, dont les conséquences se font encore sentir...
Réalisateur de "La sentinelle" (1992), "Comment je me suis disputé... (ma vie sexuelle)" (1996), ou encore "Rois et reines" (2004), Arnaud Desplechin nous plonge cette fois dans une histoire de famille déchirée par des querelles.
L'action se déroule à Roubaix (dans la région Nord-Pas-de-Calais), d'où le cinéaste est originaire, dans une atmosphère hivernale qui n'inspire pas la légèreté. Pas plus que la noirceur des rapports familiaux, pourtant atténuée par une bonne dose d'humour, que l'on doit surtout au personnage assez cynique joué par Mathieu Amalric.
Les autres acteurs tirent également leur épingle du jeu, notamment Anne Consigny, qui incarne une femme enfermée dans une logique l'éloignant des autres. Certaines scènes, notamment les moments de crise, sont très réussies, servies par des dialogues qui sonnent juste. Mais l'ensemble manque d'émotion.
Un peu trop long (2h23), "Un conte de Noël" ne parvient pas à captiver le spectateur de bout en bout. Il donne toutefois à réfléchir sur la complexité des rapports familiaux, et pourra rappeler à chacun certains secrets de famille. AP
pyr/mw
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|