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actu & culture


PARIS - lundi 19 mai 2008 à 12h00

"Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal": Indy fait son comeback à Cannes, un peu plus vieux et prévisible



Un chapeau poussiéreux, un fouet qui claque, une vieille veste en cuir élimée et une cicatrice là, juste sous la lèvre inférieure- à tomber. Des exploits légendaires et un nom synonyme d'Aventures avec un grand A: Dr. Henry "Indiana" Jones Jr., "Indy" pour les intimes... Pour son grand retour sur grand écran, l'archéologue-aventurier a exploré une terre inconnue peuplée de tribus étranges aux moeurs inhabituelles: la Croisette et ses milliers de fans et de festivaliers. Une sorte de rencontre du troisième type entre ce blockbuster issu d'une franchise mondialement connue et le cinéma d'auteur et d'avant-garde qu'incarne le Festival de Cannes.

Présenté hors compétition, en présence des stars du casting, Harrison Ford et Cate Blanchett, et du réalisateur Steven Spielberg, "Indiana Jones et le Royaume du Crâne de cristal" (mercredi dans les salles en France) a célébré dimanche sa première mondiale dans une ambiance euphorique, sous les yeux des centaines de critiques de cinéma venu du monde entier.

Désert du Nevada, 1957. Nous sommes en pleine Guerre Froide. Trahi par son ami Mac (Ray Winstone), Indiana Jones (Harrison Ford) vient tout juste d'échapper à une bande d'agents soviétiques. L'unité d'élite menée d'une main de fer par la glaçante et somptueuse Irina Spalko (Cate Blanchett) est à la recherche d'une mystérieuse relique, une momie cachée dans l'un des immenses dépôts classés "Top Secret" de l'armée américaine.

De retour au Marshall College, le Professeur Jones apprend une très mauvaise nouvelle: la chasse aux sorcières lancée par les maccarthystes bat son plein; sa récente rencontre avec l'armée soviétique l'a rendu suspect aux yeux du gouvernement américain. Le doyen Charles Stanforth (Jim Broadbent) se voit contraint de licencier l'éminent archéologue.

Sans emploi et prêt à partir pour Londres, Indiana croise un jeune motard rebelle Mutt, (Shia LaBeouf), qui demande son aide. Un de leurs amis communs, le professeur Oxley (John Hurt) est en danger. Le jeune homme souhaite sauver Oxley et sa propre mère, prisonniers au Pérou.

En échange, il propose à Indiana Jones de le mettre sur la piste du Crâne de Cristal d'Akator, une relique mythique, source de légendes depuis des siècles, crainte et révérée, censée offrir le contrôle de l'univers à celui qui en perce les secrets. Indy et Mutt font route vers le Pérou, terre de mystères et de superstitions, où tant d'explorateurs ont trouvé la mort ou sombré dans la folie.

Mais ils réalisent très vite qu'ils ne sont pas seuls dans leur quête: les sbires d'Irina Spalko sont eux aussi à la recherche du Crâne de Cristal... A charge pour Indiana et Mutt de les semer pour sauver Oxley et la mère du jeune homme, une certaine Mary Williams, alias Marion Ravenwood (Karen Allen).

Les nostalgiques rêvaient de retrouver intacte l'émotion du premier volet, "Indiana Jones et les aventuriers de l'arche perdue" (1981), réalisé par un Steven Spielberg alors au sommet de son art: personnages fabuleux, scénarios originaux, dialogues enlevés et scènes d'action parfaitement rythmées.

D'autres s'attendaient au pire, à une déception à la mesure de celle provoquée par "Indiana Jones et le temple maudit" (1984). A l'époque, ce deuxième épisode -pourtant réussi- avait subi les foudres des fans et des critiques, même s'il est ensuite devenu culte. Spielberg lui-même pensait avoir définitivement bouclé la franchise en 1989 avec "Indiana Jones et la dernière croisade", un opus irréprochable et jubilatoire grâce, notamment, à la présence de Sean Connery.

Mais dix-neuf ans plus tard, Steven Spielberg et son producteur George Lucas reviennent avec ce quatrième épisode très, très attendu. Pour preuve, les immenses files d'attente des journalistes trépignant pour accéder à la projection du film, et la foule compacte -plus de 3.000 personnes- rassemblée au pied des marches du Palais pour voir l'équipe d'Indiana Jones fouler le tapis rouge.

Au final, beaucoup de bruit et de buzz, pour un divertissement très sympathique, bourré de clins d'oeil et d'effets spéciaux, mais sans grande originalité par rapport aux promesses de la franchise. Spielberg -qui n'a plus rien à prouver à personne- s'amuse, quitte à surcharger son scénario...

Entre l'ambiance et le décor style années 1950 à la "American Graffiti", les éléments paranormaux à la "E.T." et "Rencontres du 3e type", il revoit sa propre filmographie sous forme de mini-hommages aux univers qui ont fait de lui l'un des maîtres incontestés du cinéma des trente dernières années. De son côté, le spectateur, de bonne composition, en profite, s'amuse et rit, sans pour autant retrouver la fougue ni le génie des Indiana Jones de première heure.

Lors de sa projection officielle dimanche soir, "Indiana Jones et le Royaume du Crâne de cristal" a été très applaudi, avec une ovation debout de plusieurs minutes pour les membres de l'équipe, Harrison Ford et Steven Spielberg en tête. Mais nul doute que certains spectateurs ont quitté la salle avec une folle envie de rentrer pour revoir "Indiana Jones et les aventuriers de l'arche perdue" en DVD. AP

med/sb




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