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actu & culture


PARIS - lundi 02 juin 2008 à 12h00

"Las Vegas 21": Kevin Spacey parie sur une histoire vraie, joue gros et gagne sa mise



C'est une ville littéralement faite pour le grand écran, une ville symbole de l'Amérique en ce qu'elle a de plus amusant et de clinquant, un concentré du rêve américain, du faux glamour et de l'argent facile: celui qui sort à flots des machines à sous, à grand renforts de sirènes et de paillettes...

Las Vegas, la cité des vices, le terrain de jeu de l'Amérique. Une ville vue et revue au cinéma, de la grande époque du "Rat Pack", avec Dean Martin et Frank Sinatra, jusqu'à celle d'"Ocean's 13", avec George Clooney et Brad Pitt, en passant par "Rain Man" de Barry Levinson, "Las Vegas parano" de Terry Gilliam, ou encore "Casino" de Martin Scorsese...

La ville du jeu, du spectacle et de la démesure made in USA revient sur grand écran, avec "Las Vegas 21" (sortie mercredi dans les salles en France), un film inspiré d'une histoire vraie, produit par l'acteur Kevin Spacey ("Usual suspects", "American Beauty") et réalisé par l'Australien Robert Luketic ("La revanche d'une blonde", "Sa mère ou moi!").

Ben Campbell (Jim Sturgess) est fort en calcul mental. Très fort. Au M.I.T., l'une des universités les plus prestigieuses du monde, c'est même l'étudiant le plus doué de sa promotion. Mais il est obligé de partager son temps entre études et petits boulots pour payer ses frais de scolarité. Des frais qui se montent à plusieurs centaines de milliers de dollars, 300.000 pour être exact, le passeport indispensable pour entrer à l'école de médecine d'Harvard.

Lorsqu'un camarade de classe lui propose de rejoindre sa bande, sorte de club privé composé de petits génies des mathématiques, Ben n'hésite pas longtemps. Il va les suivre, pour jouer à un jeu bien plus lucratif...

Tous les week-ends, ce groupe de mathématiciens hors pair se rend sur le terrain de jeu favori de l'Amérique: Las Vegas. Objectif: jouer au Blackjack avec des règles qui ne doivent plus rien au hasard. Chaque semaine, ils se présentent sous de fausses identités dans un casino et s'attablent devant le tapis vert. Pour gagner, il suffit de compter les cartes; rien d'illégal et pourtant...

Guidés par un génie des statistiques, le professeur Micky Rosa (Kevin Spacey), ces compteurs de cartes trichent puisqu'ils communiquent entre eux pour rafler de très grosses mises. Séduit par l'argent facile, la vie de rêve, et sa très belle équipière, Jill Taylor (Kate Bosworth), Ben joue et multiplie les défis.

Mais les risques augmentent avec les mises. L'appât du gain prend le dessus sur les rêves d'école de médecine, sans compter les soupçons de Cole Williams (Laurence Fishburne), un responsable de casino un peu trop attentif...

"Las Vegas 21" est l'adaptation d'un best-seller, "Bringing Down the House: The Inside Story of Six MIT Students Who Took Vegas for Millions" (Faire perdre la banque: l'histoire secrète de six étudiants de MIT qui ont gagné des millions à Vegas).

L'auteur Ben Mezrich y relate l'histoire d'un groupe d'étudiants de l'Institut de Technologie du Massachusetts, experts dans l'art de compter les cartes. Fasciné par ce livre, vendu à 1,5 million d'exemplaires, Kevin Spacey en a acheté les droits en 2002, en attendant de développer une adaptation cinématographique. Six ans plus tard, il figure au casting du film, un thriller dynamique et divertissant, même s'il demeure un peu superficiel.

Le scénario, très simple, n'atteint pas la profondeur du récit originel, les personnages bien campés restent assez stéréotypés. Mais qu'importe, en tant que spectateur, on est toujours plus indulgent avec les films sur Las Vegas, car comme la ville, ils incarnent la promesse d'instants de folie et d'amusement. Un sentiment que le réalisateur Robert Luketic dépeint avec talent, grâce à un montage ultra serré, très "bling bling" mais efficace.

Entouré des excellents Kevin Spacey et Laurence Fishburne, le jeune casting s'en sort avec brio, Jim Sturgess en tête. Pari gagné pour Kevin Spacey et son équipe de cinéma. Hollywood rafle les gains: plus de 80 millions de dollars.

Seul souci, le film agit comme une immense publicité pour casinos, avec un effet pervers: cette envie, soudaine, d'aller dépenser ses dollars au Blackjack. Après tout, il suffit de compter les cartes, non? AP

med/sb




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