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Patrick Devedjian a présenté vendredi des excuses publiques à Anne-Marie Comparini pour l'avoir traitée de "salope". Après s'être excusé jeudi soir par téléphone auprès de l'ex-députée UDF, le secrétaire général délégué de l'UMP a renouvelé ses excuses en public, en marge d'une réunion du conseil général des Hauts-de-Seine dont il est par ailleurs le président.
"L'exclamation que j'ai prononcée n'est pas ce que j'ai pu dire de plus brillant, j'en conviens volontiers", a-t-il dit, un rien embarrassé. "Je regrette évidemment profondément ces propos qui étaient une exclamation à la suite d'une parole qui m'avait été tenue par un de mes interlocuteurs et je me suis exclamé comme ça, croyant d'ailleurs que c'était un propos privé".
Dans un reportage consacré aux nouveaux députés du Rhône et diffusé mercredi par la chaîne lyonnaise TLM, et largement relayée ensuite sur le Net, Renaud Muselier, député UMP des Bouches-du-Rhône, présente Michel Havard à Patrick Devedjian, en soulignant qu'il a battu Anne-Marie Comparini (MoDem) lors des législatives. Après avoir félicité le nouvel élu, M. Devedjian ajoute en parlant de l'ex-députée UDF: "Cette salope..."
Vendredi matin, Anne-Marie Comparini avait réclamé des excuses publiques. "Ces propos, je les trouve choquants, déplorables. Comment peut-on, dans notre pays, créer la culture du débat si on parle ainsi de ceux qui défendent des valeurs différentes?", soulignait l'ex-députée UDF du Rhône sur Europe-1. "Ces propos témoignent là aussi d'un manque de respect à toutes les femmes, parce que ce mot qu'il a prononcé, c'est une atteinte à la dignité des femmes".
Mme Comparini a révélé que M. Devedjian lui avait téléphoné jeudi soir "très tard", sans préciser la nature de la conversation. Dans un communiqué diffusé également jeudi soir, M. Devedjian avait dit regretter son "interjection déplacée" à l'égard de Mme Comparini, lui renouvelant "son estime et toute son amitié".
"Ce n'est pas des façons de parler aux femmes (...) ni à qui que ce soit", a réagi le président Nicolas Sarkozy lors d'un déplacement à Lyon. Le garde des Sceaux Rachida Dati a jugé qu'il n'était "pas tolérable qu'on puisse qualifier (ainsi) une femme politique ou non". Par ailleurs, Ségolène Royal a appelé vendredi Mme Comparini "pour lui apporter un message de soutien entre femmes", a-t-on indiqué dans l'entourage de l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle.
"Le mieux, c'aurait été qu'il ne tienne pas ce type de propos", a réagi la vice-présidente du MoDem, Marielle de Sarnez. "Je sais que Patrick Devedjian a dit, comme si c'est une excuse, que ces propos, il les avait tenus dans un cadre privé", a-t-elle observé sur Europe-1. "Je pense que tout cela est, évidemment, absolument pas une excuse. Ce qu'il appelle le cadre privé, je crois que c'était place du Palais Bourbon". Elle a ajouté qu'elle ne faisait "pas de la politique pour entendre des propos comme ceux-là". AP
cr/div/sch/mw
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